Epis de faîtage, girouettes, tuiles faîtières et coqs de clocher… sont autant d’ornements aériens constituant une partie méconnue et menacée de notre patrimoine. Issus des différents centres de production locaux, ils illustrent la diversité des matériaux et des savoir-faire des artisans et artistes spécialisés dans leur création et leur restauration.

Fonctionnels et esthétiques, ils témoignent aussi d’une valeur symbolique forte. Protégeant les charpentes, ils parent les toits et, à travers eux, s’exprime l’identité des propriétaires.

Leur évolution au fil des siècles et la richesse des traditions orales qui les entourent sont riches d’enseignement pour mieux comprendre la vie d’autrefois.

Malheureusement, souvent par faute d’entretien, ces éléments fragiles se raréfient de plus en plus et sont même menacés de disparition. Et c’est fort dommage car, outre leur forte valeur symbolique, ils témoignent aussi d’un certain art de vivre ancien doux à évoquer.

Compagnons célestes

La région normande est d’une exceptionnelle richesse en ce domaine et témoigne d’une grande variété de matériaux utilisés, certains secteurs étant réputés pour le travail d’un matériau particulier. Dès la fin du 18 e siècle, les sites de production déclinent jusqu’à disparaitre. A cette époque, les ornements de toiture, jusqu’alors réservés aux habitations de l’élite rurale, se développent sur les toits des édifices urbains et des villages et au 19e siècle la production artisanale devient quasi-industrielle évoluant d’une production originale vers une production en série.

Ces ornements d’altitude assuraient séparément ou simultanément trois rôles principaux, variables selon les époques. Principalement fonctionnels au Moyen Age, ils deviennent rapidement des éléments significatifs d’un rang social, mais dès l’origine, ils jouent aussi un rôle esthétique important dans la silhouette des bâtiments.

D’abord réalisés à l’initiative des propriétaires, des épis de faîtage sont installés à partir du 19e siècle sur toutes les catégories d’édifices, quel que soit le commanditaire. Œuvres anonymes, les marques y sont très rares et leurs créateurs pouvaient aussi bien être des couvreurs que des potiers, des chaudronniers, des fondeurs ou autres ornemanistes.

Il n’est pas trop tard pour en admirer de superbes comme sur les hôtels de Bourgtheroulde ou Fiquet de Normanville, sur le Palais de Justice, l’Archevêché et le Gros Horloge. Mais ce petit patrimoine reste volatil et disparaît sans qu’on y prenne garde. Ainsi, les épis de faîtage du Rectorat qui contrairement aux cloches de Pâques, avaient été démontés et tardaient à revenir.

 

Il suffisait d’être patient ! (Photo du 8 février 2014).

 

Rectorat  (640x480)

Rectorat.