Musée des Beaux-Arts (Georges Dubosc par Philippe Zacharie)

 

De son vrai nom Michel-Georges Dubosc, « Myop » naît le 17 août 1854 à Rouen et y meurt le 18 juin 1927. A la fois peintre (tableau « Le Baptême ») et journaliste, il fut rédacteur à « la Chronique de Rouen » et ensuite le critique artistique du « Journal de Rouen » (1887).

Membre de l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen, chevalier de la Légion d’honneur (1925), il est à l’origine de « La Lorgnette ». Il écrivit entre autres « Les anciens baleiniers normands » (1924) et « Les coiffes normandes » (1924).

Il repose au cimetière monumental de Rouen.

Ces « Par-ci, par-là » sont célèbres et il y traite des noms des rues rouennaises. En voici quelques extraits : « Beaucoup de ces noms sont anciens, leur sens en est pour nous aboli, mais ils n’en sont que plus charmants, plus pittoresques, rappelant mille vieux souvenirs de vie ou de mœurs anciennes. C’est même cela qui nous les fait préférer à ces noms propres dont on aime parer aujourd’hui toute voie nouvelle en changeant nos rues en autant de feuilles de dictionnaire biographique » (…).

« Si le nom de l’homme est grand, si sa gloire est incontestée, le nom de la plaque bleue n’y ajoute pas grand-chose. Si l’homme est de petite envergure, d’une notoriété qui ne dépasse pas les barrières de l’octroi local, la glorification est parfois un brin ridicule et ces palmes académiques de la rue font sourire les passants (…). Le mieux vaut donc de s’en tenir le plus souvent aux dénominations d’autrefois quand on le peut (…). Ces noms sont encore nombreux à Rouen  (…). Gardons-nous de détruire et d’abolir sans motif ces vieilles appellations où vibre comme un écho de cette grande voix populaire ».

[Comme presque tous les fervents du passé, Georges Dubosc n’aimait guère les changements dans les dénominations de nos rues. Non pas tant à cause du trouble momentané dans les habitudes et des complications dans les recherches qui en résultaient (c’était le prétexte de façade) que par un respect invincible et quasi-religieux de ce qui fut, et parce que, si banales parfois que nous paraissent ces anciennes dénominations, elles avaient eu, à l’origine, un sens déterminé et aident encore à repérer sur le terrain la formation et le développement d’un quartier. Mais si, un jour, le nom de Georges Dubosc était inscrit sur les plaques bleues de la « rampe Bouvreuil » pour rappeler que, là, vécut, plus de trente ans, un écrivain qui, mieux que tout autre, a su mettre en relief les illustrations de tout ordre, les trésors artistiques, les coutumes et traditions de notre vieille cité, cet hommage rendu à sa mémoire ne serait-il pas, en même temps, un hommage à tout ce passé qu’il a voulu sauvegarder ?]

 

© Daniel Caillet, 2015