Edifié en 1657 par le comte d’Hocqueville, sur les ruines de la prison du bailliage, le musée de la Céramique mérite un détour. Le terrain relevait du domaine royal comprenant le château de Philippe Auguste détruit en 1590. Se libère alors une zone où de nobles demeures s’installent.

La prison communiquait avec le bailliage par une galerie suspendue au-dessus de la rue et construite à cheval sur la courtine défendant la basse-cour du château. L’Hôtel reprendra les mêmes assises, d’où un dénivelé de 4 mètres entre les deux rez-de-chaussée.

Il ne reste plus aujourd’hui de l’ensemble initial que le corps principal avec un pavillon d’angle greffé au 18e siècle et un bel escalier à balustres.

Quelque peu anachronique mais charmant, un pavillon de musique avait été édifié au fond du jardin. Démantelé en 1910, ses boiseries sont vendues ainsi qu’une grande partie du décor lambrissé tandis que l’escalier d’honneur est démonté. La Ville a fort heureusement acquis en 1978 les boiseries remontées dans l’une des salles.

 

Démantèlement et sauvegarde

Entre 1775 et 1790, le baron d’Esneval modifie une grande partie du décor intérieur. Les salons sont dégarnis et lambrissés à neuf et l’escalier d’honneur est paré d’une rampe en bois sculpté et doré, aujourd’hui disparue. Cloisons, plafond et plancher d’un boudoir d’angle sont acquis par le Cleveland Museum of Art. Par chance, quelques salons intransportables de style néoclassique aux décors en stuc ont été conservés.

En 1936, l’Hôtel est vendu à la Ville sous condition. Le propriétaire doit aménager un musée de céramique, mais le projet est ajourné avant d’être réalisé finalement par l’Etat, la Région, le Département et la Ville.

Inauguré en 1864 dans une galerie du cloître de l’ancien couvent Sainte Marie, le musée avait été créé par l’historien de la faïence de Rouen André Pottier qui donnera plus de mille pièces.

En 1888, les collections sont déplacées au musée des Beaux-Arts, mais bientôt leur importance conduit à envisager un transfert. En 1984, le déménagement est effectué.

900 pièces sur les 5000 de la collection sont présentées dont les plus beaux fleurons de la faïence rouennaise du 16e au 18e siècle comme les remarquables sphères céleste et terrestre de Pierre Chapelle de 1725 et la série des bustes des Saisons de 1730.

 

© Daniel Caillet, 2017