D’un air à la fois satisfait et mécontent, ou à la fois sérieux et en plaisantant. Voilà une expression qui remonte à loin et qui a subi de nombreuses variations de sens.

Au XIVe siècle, les figues et les raisins étaient les fruits secs préférés au moment du carême, ce qui explique leur apparition et leur rapprochement dans une locution. Mais cela n’explique pas pourquoi les deux fruits y sont opposés.

Au XVe siècle, l’expression, avec « moitié » au lieu de « mi », voulait dire soit « mêlé de bon et de mauvais », soit « tant bien que mal ».

Au XVIe siècle, elle contenait aussi une notion de réciprocité, lors d’un partage de tâches pour arriver à une œuvre commune, l’un s’occupant de la figue, l’autre du raisin.

C’est au XVIIe siècle qu’elle prend le sens utilisé encore aujourd’hui en y ajoutant aussi la signification « moitié forcé, moitié consentant ».

L’apparition du « mi » au lieu de « moitié » est plus récente et daterait du XVIIIe siècle.

Pendant un moment, vers le XVIe siècle, il a pu aussi y avoir opposition entre le raisin savoureux et sucré et la figue, qui avait le sens de crotte ou fiente, comme l’atteste un proverbe de l’époque : « Figue de chat et marc d’argent serait tout un au jugement », ou « figue de chat » est aussi remplacée par « fiente de chien ».

Il existe une explication actuellement réfutée de l’origine de la locution (elle est sans preuves écrites et supposée imaginée a posteriori) : elle serait liée aux corinthiens qui, de temps en temps, lorsqu’ils livraient des raisins à Venise, y mélangeaient « par inadvertance » des figues, moins chères et plus lourdes, histoire de gruger un peu leurs clients.

 

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