Si le temps des croisades est à l’origine des premières découvertes vers l’Extrême-Orient, la période Marco Polo fait partie des grands moments de la connaissance en Europe de ces contrées éloignées. Personne avant lui n’avait sillonné tant de routes et cherché à comprendre le monde. A sa mort, le 8 janvier 1324, il a acquis une immense célébrité du fait de ses pérégrinations en Chine.

Lorsqu’il voit le jour le 15 septembre 1254, la prospère Venise domine Byzance et les riches marchands commercent avec les musulmans. Fils de nobles négociants, ce Vénitien abandonné par son père, aura une éducation bourgeoise classique et recevra en héritage, la passion de l’exploration. L’Empereur mongol ayant demandé au Pape de lui envoyer des érudits, Marco Polo, son oncle et son père partent sur la Route de la Soie pour un fabuleux voyage de 4 années. Ils découvrent au Moyen-Orient, le commerce des étoffes et des pierres précieuses, traversent l’Afghanistan et le désert de Gobi. L’Empereur, petit-fils de Gensis Khan, reçoit les voyageurs avec les honneurs dans sa capitale Combaluc (Pékin). Marco en devient un familier, un conseiller, puis sera ambassadeur dans le sud de la Chine, obtenant même le gouvernement d’une ville. Après 24 ans de voyage dont 16 aux côtés d’un souverain raffiné appréciant l’apport culturel des Vénitiens, ils sont autorisés à rentrer. Chargés de cadeaux et de diverses missions, ils traversent Ceylan, l’Inde, le Golfe persique et depuis Ormuz, rejoignent Venise en 1295.

 

Récits de voyage

En 1298, les Vénitiens, ennemis jurés des Génois sont en guerre et Marco Polo est fait prisonnier. Enfermé pendant trois années avec Rustichello de Pise, un romancier génois, il lui dicte le récit de ses aventures qui sera édité en français. A la sortie du  » Livre des Merveilles du Monde « , on se moquera de ses écrits sans cependant douter de la véracité de ses voyages. Certains feront de lui un aventurier bohême, d’autres le qualifieront de pittoresque et de menteur.

L’importance historique de l’ouvrage récemment mis en lumière montre qu’au final, si quelques zones d’ombres subsistent (non évocation de la muraille de Chine, de la pratique des pieds bandés, de la cérémonie du thé…), ses mémoires publiés en 1307 rendent comptent d’une certaine vision du monde et du génie de Marco Polo. Il reste un compte-rendu éminemment utile sur l’Orient du 13ème siècle écrit par un expert économique et politique avant l’heure.