Avant de devenir la maîtresse du roi Henri II, Diane de Poitiers était l’épouse de Louis de Brézé, Grand Sénéchal * et Gouverneur de Normandie, décédé en 1531. Si elle est liée à la Normandie et à Rouen par son mari, il est pourtant improbable qu’elle soit à l’origine de l’édification de cette bâtisse et qu’elle ait pu l’occuper. On ne trouve aucune trace d’une « Maison de Diane de Poitiers » qui apparait pour la première fois dans l’ouvrage de Lucien Hura, « Rouen, ses monuments et ses souvenirs historiques » en 1877. Elle était jusqu’alors la « Façade aux Médaillons » en référence aux deux portraits ornant le second niveau.

Dans sa « description historique des maisons de Rouen », Eustache de Laquerrière, signale que les médaillons disparurent en 1794, laissant supposer qu’ils représentaient des figures emblématiques de l’Ancien Régime et pourquoi pas celui de Diane de Poitiers.

L’édifice occupait autrefois le N° 129 de la rue du Gros Horloge. En 1862, au moment du percement de la rue Jeanne d’Arc, il a été totalement démonté puis remonté six ans plus tard, dans le square aménagé autour de la tour Saint-André à l’angle des rues Jeanne d’Arc et aux Ours.  En 1932, le syndicat d’initiative s’y installait et s’agrandissait en 1934 mais tout le secteur brûla en 1944. Il ne reste aujourd’hui qu’une tour orpheline.

 

 

* « Il y avoit aussi en Normandie un Grand Sénéchal, qui étoit un grand Officier créé par les Ducs de Normandie, qui jugeoient les affaires pendant la cessation de l’Echiquier. Il revoyoit les Jugemens rendus par les Baillifs, & les pouvoit réformer. Il avoit le soin de maintenir l’exercice de la Justice & des Loix par toute la Province de Normandie. Les Lettres qui rendirent l’Echiquier perpétuel, & l’érigerent en Parlement l’an 1499. portent : « qu’arrivant le décès du Grand Sénéchal de Brezé, cette Charge demeurera éteinte & supprimée ». (…) Voyez l’art. 25. & les suivans de la Coutume de Normandie. » (Cl.-J. Ferrière, Dictionnaire de droit et de pratique, …, Vve Brunet, Paris, nvlle éd., 1769, tome I, page 653)

La charge de Grand Sénéchal était donc bien différente en Normandie de ce qu’elle était en France, étant un Office de Justice et non pas une Dignité militaire (cette dernière disparaissant en France sous Philippe Auguste)…