L’œil-de-bœuf, curieuse petite lucarne, orne souvent les façades des demeures anciennes. Le nom même d’œil-de-bœuf apparaît en architecture vers 1530 et désigne alors une lucarne dont la fenêtre est ovale ou circulaire.

L’architecture monastique est la première à présenter ce type de lucarne qui pouvait aussi être hexagonale. Il s’agrandira en devenant une rosace offrant un puits de lumière filtré par les vitraux au-dessus du portail des cathédrales, à une extrémité de la nef ou d’un bras du transept. Dans les clochers d’église, il permet aussi de monter plus facilement les cloches par l’extérieur.
Dans l’architecture civile, il orne les dômes, les pignons et les frontons des demeures bourgeoises, des manoirs ou des châteaux. A Versailles, il existe une petite antichambre, menant à la chambre du roi, nommée elle-même « œil-de-bœuf », parce qu’éclairée par… un œil-de-bœuf. Les toits à la Mansart présentent de nombreuses lucarnes entourées de zinc, percées dans le pan coupé des toitures. Presque toujours protégé par une vitre, l’œil de bœuf peut recevoir une grille décorative en fer forgé.
L’Angleterre a adopté aussi l’œil-de-bœuf, avec son appellation française, pour ses manoirs au 17 e siècle. La période Art déco l’utilise aussi. Les immeubles haussmanniens parisiens présentent très souvent des dômes percés d’un œil-de-bœuf.
Pas seulement décoratif, il permet de laisser entrer la lumière du jour dans de petits espaces sous les combles, d’éclairer un escalier ou d’assurer la ventilation des combles. L’ architecture contemporaine l’a remis à l’honneur et le décline en demi-lunes, triangles, losanges. Les maisons d’architectes le présentent fréquemment au-dessus de l’entrée principale, dans des combles, sur un pignon, en haut d’un escalier avec toujours le même but, faire entrer la lumière en éclairant naturellement les petits espaces de l’habitation.
Désormais les fabricants de châssis offrent un choix quasi illimité, avec même des œils-de-bœuf demi-ouvrants.

Avec l’aide précieuse d’Internet

 

 

© Daniel Caillet, 2018