Que reste-t-il à l’emplacement de sa maison au n°19 de la rue de l’Avalasse ? Une simple plaque commémorative rappelant qu’il est né ici le 26 septembre 1791. Quant à son buste, il a disparu et nul ne sait ce qu’il en est advenu. Théodore Géricault, issu d’une famille bourgeoise royaliste, n’avait que deux passions, l’art et le cheval. En 1808, il accède à l’atelier de Carle Vernet, peintre spécialisé dans l’étude des chevaux et se lie avec son fils Horace avant d’entrer à l’école des Beaux-arts de Paris. Il présente au Salon de 1812 une toile équestre qui fait sensation et est récompensée. En 1814, il suit Louis XVIII en fuite à Gand et après son échec au concours du Prix de Rome de 1816, il voyage, découvre la Renaissance italienne et Rubens. Au retour, il s’installe près de son ami Vernet et s’attelle à une œuvre monumentale, « Le Radeau de la Méduse », présentée au Salon de 1819. Réaliste, forte, mais controversée, elle obtient un franc succès.

En 1820 Géricault organise une exposition itinérante en Angleterre, s’initie à la lithographie et en profite pour pratiquer l’équitation. Il s’inspire de la peinture locale et son thème favori devient le cheval. Une puissance extraordinaire s’en dégage comme dans le fameux « Derby d’Epsom ». Fin 1821, il rencontre le peintre Jacques-Louis David avant de rentrer à Paris. Menant une vie désordonnée, il dépense sans compter pour entretenir ses chevaux et parallèlement, s’oriente vers les représentations de la mort et de la souffrance tels les aliénés mentaux, « la monomane du jeu » ou « le kleptomane », sujets très en vogue.

 

Le naufrage d’un grand peintre

Des chutes de cheval répétées entraînant une lésion à la colonne vertébrale passée inaperçue, vont aggraver un état déjà critique et il doit s’aliter en février 1823. Il ne se relèvera pas et meurt le 26 janvier 1824, laissant inachevés nombre de grands projets, restés à l’état d’esquisses, traitant de l’abolition de l’esclavage et de la traite des Noirs.

Ayant peu exposé de son vivant, il laisse une œuvre souvent riche et dérangeante, mais malheureusement dispersée. Toujours en quête de l’humain, il a introduit dans la peinture le mouvement, la couleur et des thèmes réalistes annonciateurs d’une nouvelle école, le romantisme. Désormais, la place est libre pour Delacroix, son héritier spirituel.