Au fil de vos promenades dans les rues de Rouen, peut-être avez-vous remarqué ces petites plaques en fonte apposées sur certains édifices publics ou maisons particulières à quelques dizaines de centimètres du sol. Certaines sont en bon état, très lisibles. D’autres le sont beaucoup moins, elles ont été badigeonnées d’innombrables couches de peinture ou malmenées par le temps et la rouille.

Voici un exemple de belle plaque bien conservée au 84 rue Saint-Gervais.

 

 

On a coutume d’appeler ces plaques des « plaques Bourdalouë » du nom de leur créateur, l’ingénieur Paul-Adrien Bourdalouë. Ce dernier fut chargé de mettre en place dans tout le pays le nivellement général de la France, c’est-à-dire de calculer des points de repères d’altitude du sol. C’était la première fois que cela se faisait en France, à une époque où n’existait ni satellite, ni GPS… Le réseau Bourdalouë, comme on l’a appelé, fut établi de 1857 à 1864. Pour la ville de Rouen ce fut en 1860. Les altitudes sont calculées par rapport au niveau de référence, le niveau Zéro se trouvant à Marseille dans l’Anse Calvo (c’est le « Zéro Bourdalouë »). Ces altitudes sont exprimées en mètres et en centimètres.

Bon nombre de plaques de Rouen ont été détruites par les bombardements du centre-ville lors de la dernière guerre. Toutefois, à ce jour, nous en avons répertoriées 56, qui s’échelonnent de 7,31 m au point le plus bas (angle de la rue des Augustins et de la place Saint-Marc) jusqu’à 60,89 m, point le plus haut répertorié (angle de la rue Jouvenet et de la rue du Nord). Mais il y en a encore certainement d’autres à découvrir… et à préserver !

A noter que l’on peut toujours voir quelques plaques rouennaises à Darnétal, ce qui s’explique probablement par un changement des limites communales.

 

 

 

Par la suite, d’autres réseaux de nivellement furent créés, « Lallemand » et « IGN », avec un maillage plus serré complétant ainsi les travaux de Bourdalouë.