2010 a marqué le centenaire de la mort du compositeur rouennais Charles Lenepveu né le 4 octobre 1840, au N° 34 de la rue de l’Ecole. Son père espérait le voir faire carrière dans la magistrature mais sa véritable passion était la musique. Il reçut en 1862 un premier prix pour la composition d’une cantate puis fut admis au Conservatoire de Paris dans la classe d’Ambroise Thomas. En 1865, il remporte le Premier Grand Prix de Rome avec sa cantate « Renaud dans les jardins d’Armide ». Il a alors 25 ans et un brillant avenir s’offre à lui. De retour à Rouen, il compose le « Florentin » qui connut un grand succès et sera aussi récompensé. Plus tard, c’est à la Cathédrale qu’il donnera la première audition de « Jeanne d’Arc ».

 

Compositeur exporté

Bien que n’obtenant jamais plus qu’un succès de mode, sa musique a dépassé nos frontières. Ainsi, l’opéra « Velléda », tiré des « Martyrs » de Chateaubriand, obtiendra un énorme succès au Covent Garden de Londres.

Nommé membre correspondant de l’Académie de Rouen, il reçut de nombreuses décorations dont la Légion d’Honneur en 1887. Lenepveu devint professeur d’harmonie au Conservatoire de Paris en 1880 et professeur de composition en 1894, une mission d’enseignant qu’il prit très au sérieux. Il a aussi été élu, en 1896, membre de l’Académie des Beaux-Arts.

Très fatigué par ses travaux, il viendra s’installer dans la propriété de sa famille à Mont-Saint-Aignan au chalet Velléda, toujours existant. Là, affecté par le décès de sa mère et victime d’une attaque de paralysie qui le rendit impotent durant un an, il lutta courageusement avant de mourir à Paris le 16 août 1910 à l’âge de soixante-neuf ans.

Ses obsèques furent célébrées à Saint-Thomas d’Aquin en présence de nombreuses personnalités dont Camille St-Saëns et, selon sa volonté, son corps fut ramené à Rouen. Le 20 août, une messe eut lieu à Bonsecours suivie de l’inhumation dans le caveau de famille local.

En 1913, la Commission extra-municipale des Inscriptions Rouennaises fit apposer sur sa maison natale (au N°16 de la rue Charles Lenepveu après le changement de nom de cette partie de la rue de l’Ecole), une plaque de marbre blanc sur laquelle on peut toujours lire : « Dans cette maison, est né, Charles Lenepveu, Compositeur de musique, 1840 – 1910 ».

 

© Daniel Caillet, 2017