Au N° 4 bis de la rue Duguay Trouin, trônait naguère le premier cirque d’Europe en dur. Il avait été construit entre 1793 et 1798 par J.B. Chemin, le parrain du célèbre Laurent Franconi (1776-1849) qui y donnait des spectacles de voltige équestre. Alors qu’il est devenu  « Cirque Olympique » en 1799, Franconi l’abandonne en 1804, entraînant son déclin et sa fermeture en 1831. Ré-ouvert en 1834 sous le nom de « Cirque Français », la reprise est un échec cuisant et il est transformé successivement en auberge, en garage et en entrepôt tout en conservant quasiment sa configuration originelle et originale. Mais c’est le chant du cygne. En 1978, les Amis des Monuments Rouennais demandent sa sauvegarde. Sans succès puisqu’il est mis en vente début 1979, démoli en 1981 et sa précieuse charpente en chêne réutilisée à Villeneuve de Grenoble-Echirolles dans l’Isère. Là, il est sérieusement malmené car reconstruit avec des poteaux en béton, une structure métallique et un nombre de châssis vitrés doublé (8 à l’origine) ce qui le dénature complètement. L’ouvrage jadis fermé sur lui-même, concentrait l’intérêt vers la piste. Aujourd’hui,  comme le montre la photo ci-après, écrasé par les grands immeubles alentour, il est désormais ouvert à tous les vents et traversé par une lumière vive, ce qui est un contresens absolu selon Patrice Quéréel (« La ville évanouie »).