La réputation du sucre de pommes de Rouen est pourtant fort ancienne et remonte presque au temps des entrées des rois et des souverains, auxquels les échevins rouennais offraient des « repas de confitures » et des sucreries, comme ces « chariots en sucre » qui tentaient si vivement la gourmandise de Louis XIII enfant, à son entrée à Rouen. La coutume de présenter des sucres de pommes aux souverains dura longtemps, puisqu’on voit l’impératrice Marie-Louise, lors de son séjour à Rouen en 1813, recevoir un assortiment de sucres de pommes, acheté chez Dubuc. La célébrité du sucre de pommes de Rouen est même rappelée par Gustave Flaubert, dans sa fameuse Lettre au conseil municipal. A propos d’une pièce de son ami Louis Bouilhet, Le Charivari, écrit-il, « publia une caricature ou Hélène Peyron recevait les hommages des Rouennais lui apportant des sucres de pommes ». C’est vraisemblablement l’abondance du sucre à Rouen, où s’étaient installées des raffineries soutenues par Colbert, qui furent pendant un moment au nombre de sept, que la confiserie prit vraisemblablement naissance dans notre ville.

Texte établi sur l’exemplaire de la médiathèque des Chroniques du Journal de Rouen du dimanche 16 août 1925. Orthographe et graphie conservées.

Georges Dubosc dit Myop (17/8/1854-18/6/1927), peintre et journaliste, fut entre autres rédacteur à la Chronique de Rouen.