En 1599 déjà, Samuel de Champlain, natif de Brouage en 1567, avait traversé l’Atlantique et à Panama, remarquait judicieusement qu’un canal écourterait les voyages vers la « mer du sud » (le Pacifique). Géographe royal, il entreprend sur « La Bonne Renommée » et « La Françoise » une seconde traversée en 1603, le premier des 21 voyages vers cette destination qui lui permettront d’étudier moeurs et coutumes des indigènes. Il décide alors de remonter le Saint-Laurent et débarque sur le site de la future ville de Québec, en fait « un détroit de la rivière de quelques 300 pas de large ». Il termine sa remontée du fleuve au « Mont-Royal » et revenu en France, il s’empresse de relater ses observations à Henri IV qui encourage la Nouvelle-France. Le saintongeois entamera alors une colonisation difficile et il choisit le Saint-Laurent pour berceau de la colonie. Selon lui, grâce à une terre fertile et l’aide des indigènes unis contre leurs ennemis Iroquois, la colonie devrait se développer rapidement.

4 siècles de cousinage

En 1608, Champlain remonte à nouveau le fleuve, parcourt l’Acadie et fonde la ville de Québec dont le 400e anniversaire est célébré cette année. Il découvre la côte nord-est américaine et les grands lacs Huron et Ontario. Il fait ériger un petit fort où habiteront 28 français, mais un rude hiver n’en épargnera que 8. Tenace, il réussit malgré tout à maintenir l’établissement et affronte douze fois l’océan pour défendre les intérêts de la colonie auprès de la cour devenue réticente. Marie de Médicis confie l’autorité politique du Canada aux princes de Bourbon-Condé qui délèguent leur pouvoir à Champlain. Il tente de contrer la Compagnie des Marchands qui nourrit la « traite » et empêche une installation durable. En 1618, l’ambitieux et persévérant navigateur emmène avec lui 300 familles qui ne seront plus que 5 en 1628. Il doit alors faire face aux anglais et leur résiste pendant un an jusqu’au printemps 1629. Champlain peine pour trouver des volontaires, mais ses efforts seront enfin récompensés à partir de 1632. Le processus s’accélère alors et il obtient une juste récompense. En 1634, il prépare la création de Montréal, devenue effective en 1642 et il peuple la colonie en y faisant venir familles, artisans, soldats et prêtres. Dès lors la présence française s’instaure au Québec. Le « Père de la Nouvelle-France » peut se retirer en paix et meurt dans son « Abitation de Québecq » le 25 décembre 1635.