Jean de Verrazzano, né à Florence vers 1486 d’une famille distinguée, suit à Dieppe Jean Ango, attaché à la fortune des Médicis, célèbre famille expulsée de la capitale toscane. D’autres compatriotes nobles se fixent à Lyon et en 1523, ils forment une compagnie pour ouvrir par le pôle nord le passage vers la Chine, pays de la soie.

Quatre vaisseaux partis du Havre se dirigent via la mer du nord vers la Moscovie en 1523. Chassée par la tempête en Scandinavie, la flottille redescend en Armorique avec seulement deux bâtiments. De là, le capitaine Verrazzano se dirige vers les Açores, puis, laissant la « Normande » de Jean Ango, il s’élance le 17 janvier 1524 sur l’océan avec la « Dauphine » et 50 hommes résolus.

Moins d’un mois après, il accoste en Floride, découverte en 1512, et baptise « Louise » l’île de Long Island, en mémoire de la mère du roi. Les aborigènes, à bord de leurs canots, acclament les explorateurs. Le 6 mai, la « Dauphine » retourne en « Terre des Bretons » et entre en rade de Dieppe, le 8 juillet. François 1er sera émerveillé par le récit de l’expédition.

 

Une cartographie franco – italienne

Jérôme, le frère de Jean, habile cartographe, dessine en 1529 la topographie des pays visités, « Gallia Nova » ou « Nouvelle-France » et la nomenclature des lieux est franco-florentine. Le littoral américain devient la « Francesca » avec Valle Umbrosa, San Miniato…, alternant avec Dieppa, Anaflor (Honfleur), Auguleme ou Normanvilla.

La « Nouvelle-France » est créée, tandis que la liberté des mers est acquise, balisant la voie des futurs découvreurs. Si la Cour, la noblesse et les marchands sont optimistes, espérant des succès plus grands encore, les actionnaires de Lyon, Rouen, et Dieppe sont déçus. Pas découragé, Verrazzano implore le roi, sollicitant bienveillance et subsides pour une nouvelle expédition.

Un second voyage est projeté en 1526 et les armateurs ne font pas défaut, notamment Alonce de Civille, vicomte de Rouen, qui arme deux vaisseaux « pour l’entreprise d’un voyage en certaines îles inconnues ès Indes ». Sur le point d’appareiller, le capitaine reçoit un contre-ordre de François 1er et la flottille est appelée à combattre l’ennemi. C’est alors qu’Henri VIII, signe la paix avec la France et Jean Ango s’empresse de patronner son ami Verrazzano. De ce voyage aucun récit n’a été rapporté, mais on suppose que l’explorateur fit le même trajet. Pourtant, la carte datée 1527 de Maggiolo, membre de l’expédition, représente pour la première fois les plages et côtes américaines du Labrador jusqu’au détroit de Magellan.

Un dernier voyage aura lieu en 1528. Verrazzano reprend la mer, bien informé par une publication récente relatant le voyage de Magellan autour du monde en 1520-1522. Il s’attache à suivre la même route mais au Rio de la Plata, au cours d’une reconnaissance, surpris par les indiens, il est massacré et dévoré par les cannibales, devant son équipage.

 

© Daniel Caillet, 2018