Jean François de Galaup, comte de Lapérouse, navigateur français né le 23 août 1741 au château de Gô près d’Albi, fit ses études à Brest puis devint brigadier des armées navales. Louis XVI intéressé par les voyages entrepris par les britanniques, lui confie alors la direction d’une expédition à la fois économique, scientifique et politique dans le Pacifique. Portés par l’idée de diffuser la culture et les sciences, les valeurs du siècle des Lumières et les technologies les plus avancées, artistes et meilleurs savants sont embarqués.

Partie de Brest autour du monde pour achever l’œuvre de James Cook, à bord de deux frégates jumelles, « l’expédition Lapérouse » est dirigée par P.A. Marie Fleuriot, capitaine de l’Astrolabe et Lapérouse, à la barre de la Boussole. « J’arriverai en France en juin 1789 » annonçait-il dans sa dernière missive. Mais il ne rejoindra jamais Brest, son port d’attache, et à la veille de la Révolution les navires manquent à l’appel.

Ce sera le début du « Mystère Lapérouse ». Après avoir traversé l’Atlantique, franchi le Cap Horn, débarqué sur les Iles de Pâques et d’Hawaï, rejoint l’Alaska puis les Samoa, Lapérouse allait toucher l’Australie lorsque qu’il périt corps et biens en pleine tempête à Vanikoro en Océanie. Quid des 220 membres de l’équipage ? Que sont-ils devenus ? Ont-ils été massacrés?

L’espérance enfin. En 1791, deux ans après le naufrage, la France lance une expédition qui revient bredouille, mais en 1826 l’Irlandais, Peter Dillon, retrouve des vestiges sur l’Ile de Tikopia et apprend que les navires se sont abimés sur l’île voisine de Sanikora. Informé de la découverte, Dumont d’Urville débarque à Vanikoro et y localise 40 ans après les faits, une épave qui s’avèrera être l’Astrolabe.

En 1964, J.L.Battet sur la Dunkerquoise, arrive sur les lieux. et les fouilles débutent. Un squelette parfaitement conservé est découvert et un sextant estampillé « fait par le sieur Mercier », élément de l’inventaire embarqué, est retrouvé. Les restes des frégates sont rapportés en France et déposées au Musée de la Marine.

Le drame devenu mythe trouve enfin sa réponse en 2005 lorsqu’une étude archéologique permet de conclure que la Boussole s’est échouée à Vanikoro et l’Astrolabe dans une fausse passe.

Lapérouse aurait-il livré ses derniers secrets? Pas si sûr, et l’expédition « Lapérouse 2008 » s’est fixée pour objectif de retrouver le testament perdu d’un marin de l’éternité.