Il remontait autrefois de l’embouchure de l’estuaire jusqu’à Rouen en se faisait même sentir, mais de façon très atténuée jusqu’à Elbeuf.

Mesurée à 7 m de haut sur les rives et 4 m au centre du fleuve, la vague remontait vers l’amont à une vitesse de 30 km/h entre Quillebeuf et Villequier.

Les bateaux restés à quai courraient le risque, s’ils rompaient leurs amarres, de se fracasser sur les quais et en prévention, les bacs étaient ancrés au milieu de la Seine.

Le maximum se situait entre Quillebeuf et Caudebec-en-Caux avec un coefficient de marée supérieur à 110.Les nombreux spectateurs se faisaient doucher par la vague et les accidents étaient fréquents. En fait la vague déferlait surtout où les berges présentaient des saillants.

 

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Les travaux d’endiguement et de dragage du fleuve approfondi à moins 5 m lors de la construction du chenal du port autonome de Rouen, ont fait disparaître le mascaret en 1963, la nouvelle capacité de la Seine absorbant la marée montante.

On sait que la Seine, aux approches de la Manche, est remontée, à chaque marée, par le flux, qu’on appelle « barre » ou « mascaret ». Ce flux, qui se fait sentir jusqu’à Jumièges, quelquefois même jusqu’au-dessous de Rouen, acquiert une extrême violence aux marées d’équinoxe et lorsque soufflent certains vents. Alors le courant marin, couronné d’écume blanche, refoule avec une impétuosité irrésistible la majestueuse rivière, qui paraît refluer vers sa source. L’eau douce et l’eau salée se livrent bataille ; une sorte de montagne liquide se précipite, avec un bruit formidable, vers l’intérieur du pays, couvrant les îles, inondant les rives, causant parfois de graves accidents aux habitants du littoral. Par bonheur, ce phénomène ne dure pas longtemps. La barre une fois passée, tout redevient calme ; il faut de l’attention pour remarquer le changement survenu dans le niveau du fleuve. Au bout de quelques heures, l’eau de mer est refoulée à son tour et la Seine reprend son aspect accoutumé.

Elie Berthet 1883