Le 7 mars 1812 à Sanvic (quartier du Havre), débute l’histoire du fils d’un ancien soldat de l’Empire. Son père est garde-côte et son enfance se déroule à Etretat. Ses prédispositions intellectuelles sont remarquées et il est admis au Collège du Havre en 1827. L’année suivante, il entre au séminaire et se passionne bientôt pour l’archéologie quand les restes d’une villa gallo-romaine sont découverts près de chez lui. L’abbé Jean Cochet s’investit alors dans les fouilles et en 1834 est nommé correspondant de la Commission des antiquités. Ordonné prêtre en 1836, il aura été l’aumônier du Lycée de Rouen. Mais sa carrière ecclésiastique est courte, interrompue dès 1845 à cause d’une névrose générale, une forme de dépression qui l’accompagnera toute sa vie. Désormais, malgré cette santé préoccupante, il déploie une activité prodigieuse en parcourant toute la Normandie pour découvrir églises et monuments, les étudier et les restaurer. A l’étranger, il visite musées et collections privées en rencontrant maints érudits.

 

Archéologue de terrain

Ses travaux d’exploration dans le département lui confèrent vite une grande notoriété. Considéré comme un archéologue de terrain, il ne participe pas directement aux fouilles parfois expéditives, ce qui lui sera reproché. En parallèle, il multiplie les publications sur les églises du département, Dieppe en 1850 et Yvetot en 1852 et consigne dans deux ouvrages le résultat de ses fouilles. « Le tombeau de Childéric », paru en 1859, constitue une synthèse de ses recherches sur l’archéologie franque. En 1864 il publie « La Seine-Inférieure historique et archéologique » et réalise en 1871 le « Répertoire archéologique du département de la Seine-Inférieure ».

Parallèlement, il devient membre de l’Académie et de nombreuses sociétés savantes locales, correspondant du Comité des travaux historiques et des Sociétés Savantes en 1843, puis est nommé inspecteur des monuments historiques du département en 1849. En 1867, il devient conservateur du Musée des Antiquités de Rouen et s’installe dans la ville, participant à l’essor du Musée par des dons réalisés par le produit de ses fouilles.

En avril 1875, il est frappé de paralysie et s’éteint le 1er juin de la même année au n°29 de la rue St Patrice. Une austère plaque en témoigne.

 

© Daniel Caillet, 2018