Une page d’histoire s’est enrichie avec la restauration et la réinstallation à son emplacement d’origine du calvaire du Prieuré Saint Michel sur la colline Sainte Catherine.

Un peu d’histoire : une ancienne croix dite de « Croix Freschet » est déjà citée dans la charte de Charles de Beaurepaire en 1277. Elle est ensuite représentée dans une miniature des « Chroniques de Monstrelet », illustrant l’entrée de Charles VII à Rouen en 1449. Sans doute à l’époque, simple signal et point de repère pour les pèlerins, elle correspondait cependant à une croix tout à fait réelle, même si on en perd la trace sur les documents du 16e siècle, y compris dans le « Livre des Fontaines ».

Après une destruction supposée, le calvaire est restauré aux alentours des années 1700, et la dernière représentation retrouvée est celle du graveur Jacques Bacheley en 1768. Le monument y apparait avec un emmarchement hexagonal. La Révolution lui sera sûrement fatale, mais on le retrouve ensuite sur des cartes postales de la fin du 19e siècle.

Lors de la guerre, il sera déplacé par les Allemands vers le belvédère.

Seul témoin visible de l’histoire d’un site prestigieux, sa restauration est le premier chantier de sauvegarde du patrimoine historique du lieu. Elle a consisté à rassembler les éléments éparpillés et mutilés, à les remettre en état et à réinstaller l’ensemble sur un nouvel emmarchement au vu de documents anciens fiables.

Pour une facture d’environ 13 000 €, 75 % restent à la charge de l’association, mécène en l’occurrence, et 25 % correspondent à la part de la ville de Rouen qui assure la maîtrise foncière depuis octobre 2006.

Ce chantier sera suivi dans les années à venir par des campagnes de fouilles sur les sites du Prieuré Saint Michel, de l’abbaye Sainte Catherine et des forts du 16 e siècle, toujours dans le respect du milieu naturel. Un « Archéoscope », structure d’appui aux fouilles et centre permanent d’initiation à l’archéologie, est aussi en projet.

Une table d’orientation devrait également être installée sur le belvédère.

Yann Quenault, le président, et la centaine d’adhérents bénévoles de l’association Panorama poursuivent sans relâche leurs actions de connaissance, protection et valorisation de ce site naturel hors normes, inscrit à l’inventaire des Monuments Historiques depuis 1993, et devenu heureusement depuis lors, inconstructible.

Comme l’était en son temps le calvaire, c’est désormais un site entier mêlant histoire et nature, qui devient le repère montrant le chemin à parcourir en matière de défense du patrimoine.

Sans avoir à emprunter l’antique escalier créé par Enguerrand de Marigny en 1310, les sympathisants peuvent joindre ou rejoindre plus simplement l’association par courrier à : Panorama – BP 04 – 76240 Bonsecours.