Voilà une belle demeure à pans de bois de la fin du 15e siècle au nom emprunté à l’un des plus célèbres romans de chevalerie du Moyen-Âge. Ses encorbellements, surmontés d’un essentage d’ardoises, offrent du côté de la rue Eau de Robec la vision la plus appréciée, une véritable carte postale. Mais elle est aussi une maison écartelée avec son portique Renaissance du « Pavillon des Vertus », réinstallé dans le prolongement de la façade de la rue du Ruissel. Au premier étage, la grande pièce d’angle avec un plafond peint vers 1600, dans le goût italianisant du notable maître des lieux, est tout à fait remarquable.

 

Une destinée mouvementée

A partir du 18e siècle, l’essor de l’industrie textile modifie la physionomie du quartier et le destin de la maison. Le grenier-étente, où séchaient les pièces de drap, témoigne de cette activité des foulons et des teinturiers. Différents commerces s’y succèderont avant sa transformation aux alentours de 1850 en hôtel meublé-débit de boisson réservé à une clientèle prolétaire. En 1873, l’immeuble voisin est annexé et le « garni » mal famé achèvera au 20e siècle sa carrière sous l’ironique dénomination de « Salle des mariages ». Le bâtiment abandonné, est acquis par la ville en 1960, puis rétrocédé en 1975 à l’Etat. Le Musée National de l’Education succède alors au musée pédagogique parisien né en 1879 de la volonté de Jules Ferry. Il est une source inépuisable destiné aux professionnels de l’enseignement, mais est aussi très apprécié par les scolaires et les touristes.

 

Une légende clin d’œil de l’histoire

Ils étaient quatre, les fils du Duc Aymon. Renaud, Allard, Richard et Guichard qui fréquentaient la cour de Charlemagne jusqu’à ce que Renaud blesse mortellement le neveu de l’empereur, les contraignant à fuir sa colère. Chevauchant tous les quatre leur cheval Bayard, ils se réfugient dans la forêt d’Ardenne et y bâtissent un château bien vite assiégé par Charlemagne qui avait découvert leur retraite. Les 4 Fils Aymon résistent jusqu’à ce que le traître Ganelon les oblige une nouvelle fois à fuir et regagner leur refuge forestier pendant sept longues années avant de s’installer au château de Mautauban. Mais Renaud renonce aux armes et se consacrant à Dieu, il part seul en pèlerin mettant un terme à leur belle histoire.

 

© Daniel Caillet, 2017