En 1532 le malouin Jacques Cartier est présenté à François 1er par l’abbé du Mont-St-Michel qui évoque les voyages du marin au Brésil et à Terre-Neuve prouvant qu’il peut  » conduire des navires à la découverte de terres nouvelles dans le nouveau monde ». Promu capitaine, il effectuera trois voyages en Amérique du Nord de 1534 à 1542, succédant à Verrazano, pour découvrir le  » passage du Nord-Ouest ».

En 1534, il atteint Terre Neuve, explore le golfe du St Laurent et entre en contact avec les amérindiens avec lesquels la confiance s’installe. Il met pied à terre à Gaspé et revendique la région pour le roi de France. Il la nomme  » Canada », de l’iroquois Kanata signifiant village, puis revient à St-Malo avec les fils du chef amérindien Donnacona.  » Afin de parachever la découverte des terres occidentales », il armera ensuite une flottille qui remontera le St Laurent et à bord de la Grande Hermine, atteindra le site de  » Québec ». Continuant en amont, il construira un fortin pour hiverner. Arrivé en barque avec ses compagnons à Hochelaga, il aperçoit un peu plus loin une bourgade sur une colline. Il la nomme Mont Royal, devenu Montréal. Un chef de village lui affirme qu’il peut entrer dans un pays riche en or, mais il rebrousse chemin et après un passage à St Pierre et Miquelon, il revient à St Malo en juillet 1536 pensant avoir exploré une partie de la côte orientale de l’Asie.

 

« Faux comme des diamants du Canada »

Les Français qui cherchent de l’or, des gemmes et des épices, sont invités par Donnacona au riche royaume de Saguenay. Confiée au seigneur de Roberval, homme de cœur avec pour objectifs la colonisation et la propagation de la foi, l’expédition embarque du bétail et libère des prisonniers pour en faire des colons. Mais Roberval prenant du retard, Cartier s’engage sur l’océan sans attendre. Il accumule or et diamants qu’il négocie avec les Iroquoiens. Enfin, en 1542, il retrouve Roberval à Terre-Neuve et malgré l’ordre de ce dernier de rebrousser chemin, il retourne en France où à peine arrivé, il fait expertiser le minerai et apprend qu’il s’agit de pyrite et de quartz sans valeur. Sa mésaventure sera à l’origine de l’expression  » faux comme les diamants du Canada ».

Déçu, il se retire dans son manoir près de Saint-Malo où il meurt de la peste en 1557, à l’âge de 66 ans. Il restera parmi les grands noms du 16e siècle. Premier à faire un relevé des côtes du golfe du St-Laurent, à décrire la vie des indiens du nord-est de l’Amérique et à découvrir le fleuve St Laurent, futur axe de l’empire français d’Amérique, il est à l’origine de l’occupation par la France des 3/4 d’un continent.

 

Cathédrale de Saint-Malo (emprunt Internet).

 

© Daniel Caillet, 2015