Guerre d’Algérie. Un mémorial pour les disparus de Seine-Maritime inauguré en 2018, à Rouen

Le Mémorial départemental de Seine-Maritime, Algérie Maroc Tunisie, sera inauguré le 1er février 2018. Un projet voulu initialement par Jean-Pierre Marchand et son épouse Nadine.

Après des mois de travail, les protagonistes de cette aventure de la mémoire pour les soldats de Seine-Maritime lors de la guerre d’Algérie ont pu annoncer qu’un Mémorial sera inauguré à Rouen, en 2018. (©Isabelle Villy)

« C’est émouvant quand une date est arrêtée, ça nous tombe dessus, comme ça », confie Jean-Pierre Marchand, président fondateur de l’association du Mémorial départemental de la Seine-Maritime « Algérie Maroc Tunisie 1952-1962 ». La date, c’est celle, désormais arrêtée, de l’inauguration du Mémorial, à Rouen (Seine-Maritime), après des années de recherches, à se pencher sur des noms, des histoires, des registres… des années passées à convaincre… des années passées à dépasser aussi, les embûches qui se sont inévitablement dressées sur leur route.

Inauguration le 1er février 2018

Car Jean-Pierre Marchand et son épouse Nadine se sont donnés avec passion, avec cœur, avec toujours en eux l’ambition de redonner leur place aux disparus, pour mener à bien ce projet et ont fini par rassembler autour d’eux des personnes d’horizons et de sensibilités divers. Et ce n’est pas là la moindre de leur réussite… C’est donc le 1er février 2018, à 16h, que toutes ces bonnes volontés se retrouveront autour des autorités, à Rouen, pour inaugurer une stèle, cours Carnot, devant l’Hôtel du Département de Seine-Maritime. Un emplacement concédé par la Ville de Rouen.

Ils pourront alors, là, une fois encore, mesurer le chemin parcouru et se dire que les disparus de ces temps troublés que fut notamment la guerre d’Algérie, auront à jamais leur nom gravé dans la pierre, au vu et au su de tous. Espérant que chacun prendra un peu de son temps pour s’arrêter, se recueillir et tenter de comprendre ce qui a bien pu se passer durant toutes ces années, regroupées dans les manuels sous le vocable de décolonisation.

 

 

140 000 euros pour le projet

140 000 euros : c’est la somme qu’il leur fallait réunir pour boucler ce projet et finalement, nombreux auront été ceux qui ont « mis la main à la poche », sentant évidemment combien cet acte du souvenir était important. Ministère de la Défense, ministère de la Culture, députés, sénateurs, Région Normandie, Département de Seine-Maritime, communes, quelques mécènes et autres particuliers se sont ainsi impliqués financièrement, chacun à son niveau.

« Plus de 400 militaires seinomarins sont morts en Afrique du Nord entre 1952 et 1962 », rappelle pour sa part Jean-Pierre Marchand, pour expliquer pourquoi, à l’origine, il a créé cette association visant à ériger ce Mémorial, ajoutant aussitôt que le résultat est « un travail d’équipe ».

Un travail qui va se traduire par cette stèle confiée au sculpteur Jean-Marc de Pas, qui a choisi de représenter deux femmes : la mère, ou la grand-mère, l’épouse, la sœur ou la fiancée… Entre elles, un espace vide qui symbolisera la douleur de l’absence alors que tout près, sur des barrettes de granit, seront gravés les noms des disparus.

« Il a fallu passer par-delà des écueils, des remarques, des envies, de la jalousie »

« Même s’il est passionnant, c’était un projet lourd et exigeant. Il a fallu passer par-delà des écueils, des remarques, des envies, de la jalousie. On sent aussi le poids des responsabilités qu’on endosse quand on se lance dans ce genre de projet », conclut Jean-Pierre Marchand qui n’avait dans toute cette aventure qu’une ambition : transmettre son histoire et celle de nombreux autres soldats qui avaient 20 ans, quand ils ont été envoyés en Algérie. Des enfants de la guerre en somme, qui n’ont pas toujours pu ou su raconter ce qu’ils ont vécu.

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© Daniel Caillet, 2018