[Le 10 mai 1871, le traité de Francfort signé entre la France et l’Allemagne met fin à la guerre franco-prussienne. Un culte patriotique né après la perte de l’« Alsace-Lorraine» se développa en France jusque dans l’architecture et l’ornementation comme en témoigne la façade de l’immeuble situé au 20, rue Alsace-Lorraine à Rouen à l’angle avec la rue Malpalu.
L’architecte Louis Loisel à la demande de Sauton, grainetier en gros, conçut un immeuble pour abriter des locaux commerciaux et une quinzaine d’appartements pour lui et des locataires aisés.
Pour sa construction Louis Loisel utilisa la combinaison brique et pierre. Le goût marqué pour cet appareillage était lié à des questions d’esthétique mais aussi dicté par des considérations financières. La pierre de taille était coûteuse. Quand les règlements municipaux le permettaient, son utilisation était réservée aux chaînages, aux encadrements des fenêtres et aux portails.
Achevé en 1887, cet immeuble se distingue de ses voisins par la richesse de son décor.
La façade donnant sur la rue Alsace-Lorraine présente une symétrie parfaite autour de la travée centrale derrière laquelle se trouve l’escalier qui dessert les quatre étages.
La grande et haute porte d’entrée est surmontée de la tête de Mercure, le dieu du commerce et des voyages, encadrée des inscriptions « commerce » et « industrie », du caducée et de l’ancre. Au-dessus se trouvent une colonnade et une grande baie qui ne respectent pas les niveaux de l’ensemble du bâtiment. Une imposante lucarne agrémentée de colonnes et d’un fronton triangulaire couronne le tout et émerge du toit « à la Mansart » percé de huit lucarnes et de six oculi.
L’angle sud-ouest de l’immeuble, situé au coin de la rue Malpalu, est en pan coupé débordant d’ornements. : balcons et balustrades en pierre, sphinges et statues symbolisant l’Alsace et la Lorraine. Seule la statue allégorique de l’Alsace subsiste. L’ensemble est surmonté d’une tourelle polygonale et d’un belvédère.]

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