Bel hommage d’élève à maître que cette plaque du Lycée Corneille reprenant un propos d’André Maurois. Emile-Auguste Chartier alias Alain, vit le jour le 3 mars 1868.

A la fois philosophe, journaliste, essayiste et professeur de français, avant d’être connu sous ce nom, il utilisa d’autres pseudonymes tels Criton, Quart d’œil ou encore Philibert.

Entré au lycée d’Alençon en 1881, il opte finalement pour une préparation littéraire externe après avoir songé à l’École polytechnique. Il s’oriente vers la philosophie et reçu à l’agrégation, sera professeur au lycée Corneille de 1900 à 1903.

Après une formation approfondie à la maison, il se porte volontaire à 16 ans pour la marine et voyage aux Antilles, à Cayenne et au Brésil où il aiguise son appétit pour l’exploration et la découverte scientifique qui étaient alors en vogue. En 1821, la marine française nouvellement réorganisée décide d’envoyer une expédition vers les mers du Sud et il part pour le Pacifique le 11 août 1822. Il fait alors partie de l’expédition scientifique de « La Coquille » jusqu’à 1825 sous les ordres de Louis Isidore Duperrey. 1826 lui donne l’occasion de sonder l’estuaire de la Seine et en 1827, il visite les mers d’Inde et de Chine.

 

Jamais hors de propos

Il écrira dans « La Dépêche de Rouen et de Normandie » des chroniques hebdomadaires intitulées « Propos » qui deviendront quotidiennes, pas moins de 3000 billets jusqu’en 1914. Professeur de khâgne au lycée Henri IV, il influencera profondément ses élèves (Raymond Aron, Simone Weil, André Maurois…).

A l’approche de la guerre, Alain milite pour le pacifisme. Sans renier ses idées, il s’engage et refuse toute promotion en restant simple brigadier. Le 23 mai 1916, il est blessé au pied et hospitalisé avant d’être affecté au service météorologique puis démobilisé en 1917. Il se retire alors au Vésinet jusqu’à sa mort. Marqué par les atrocités de la guerre, il publie en 1921 son célèbre pamphlet « Mars ou la guerre jugée » et s’engage aux côtés du mouvement radical en faveur d’une république libérale contrôlée par le peuple.

En 1927, il signe la pétition contre la loi sur l’organisation générale de la nation en temps de guerre et son nom côtoie notamment ceux de Jules Romains, Raymond Aron et Jean-Paul Sartre. Son œuvre est alors guidée par la lutte pacifique et il cofonde le Comité de vigilance des intellectuels antifascistes. Déjà rhumatisant, une attaque cérébrale le condamne au fauteuil roulant et il décède le 2 juin 1951. Son buste, œuvre du sculpteur Henri Navarre, est installé à l’Hôtel de Ville depuis le 3 octobre 2009.