Rien à voir avec les agences bancaires ! Voici deux anciens distributeurs de liquide rouennais… quand on pouvait aller « tirer de l’eau » à la fontaine du quartier.

Une opération beaucoup moins facile aujourd’hui dans une ville qui collectionne les fontaines et les bassins sans eau (exemples des résidences du Front de Seine et des Terrasses de l’Hôtel de Ville en seconde photo et en image à la une).

 [J’ai toujours un souvenir d’une interview de Léopold Sédar Senghor si ma mémoire est bonne, que j’avais entendu à la radio il y a quelques années. Il expliquait que dans le personnel, il avait un certain nombre d’employés, à l’époque qui venaient directement de leurs tribus et n’avaient aucune connaissance du confort moderne. Et un jour qu’il recevait une délégation diplomatique, il commanda du thé à une des dames de maison. Le thé fut fort long à venir, et cependant délicieux. Les discussions continuant, il redemanda du thé, et là encore ce fut très long. Cette fois, un peu gêné par la lenteur du service pour ses invités, il demanda à la femme pourquoi c’était aussi long. Et elle lui répondit, que c’était compliqué parce que le puits était tout petit pour récupérer l’eau et que c’était ça qui lui demandait du temps. Surpris, Sédar Senghor lui proposa de lui expliquer comment utiliser au mieux le robinet, et se déplaça avec elle pour lui montrer. Et quelle fut sa surprise de la voir le mener tout droit aux toilettes ! Eh oui… dans la conception de la petite dame, un robinet était à peu près ce qu’est une brosse à dent pour un pingouin, et pour elle, l’eau ça se trouvait dans un puits, et ce qui se rapprochait le plus d’un puits dans la demeure de l’ancien président du Sénégal, c’était les WC…. Voilà, pas grand rapport avec les fontaines de Rouen, juste une anecdote qui met les choses en perspectives sur l’évolution des sociétés. Si nous devions retourner chercher l’eau au puits ou aux fontaines, on apprendrait peut être à moins gaspiller cette ressource clé de notre avenir. Mais ça par contre, c’est une évolution qui n’est pas encore entrée dans nos mœurs modernes consuméristes…] Lucien Durieux