Pierre Alfred Auguste Gérard, financier et industriel né en 1831, est issu d’une famille de négociants rouennais. Son père, imprimeur en cotonnades d’ indiennes,  habitait rue Bouvreuil. En 1868, à la limite de Rouen et du Grand-Quevilly, il crée une raffinerie de pétrole, La Luciline, dont le siège était établi au 69 de l’avenue du Mont-Riboudet. Sa matière première était le pétrole de Pennsylvanie d’abord destiné à l’éclairage puis, très vite, au chauffage, en produisant un combustible lui aussi dénommé « Luciline » dont Alfred Guérard avait déposé la marque. Elle se trouvait à l’emplacement de l’actuel « îlot Luciline » à l’ouest de  la ville et le « passage de la Luciline » où l’on peut encore voir quelques maisons construites pour les ouvriers, rappelle l’existence de la raffinerie. Très vite,  Alfred Guérard ajoute à son activité principale, une fabrique de lampes éoliennes, dont il avait le brevet et qui, au moyen d’un ingénieux mécanisme d’horlogerie, présentaient l’avantage de brûler le carburant sans verre ni fumée.

Et la lumière fut

Ancien élève des Jésuites de Rouen, il avait baptisé sa société qui produisait à l’origine du pétrole dit « lampant », en s’inspirant du mot latin  « lux, lucis », lumière. Les grands pétroliers transatlantiques arrivaient au port du Havre où étaient déchargés les barils de pétrole brut avant d’être acheminés par voie fluviale. La Luciline possédait des voiliers dont le tirant d’eau permettait de remonter la Seine jusqu’à Dieppedalle, à cinq kilomètres de la raffinerie où furent construits des entrepôts dont la capacité de stockage était de 40 000 barils. Une fois les fûts débarqués, ils étaient ensuite entreposés dans des caves, ce qui n’était pas sans danger. Plusieurs sinistres eurent lieu, notamment en 1878 quand les entrepôts furent ravagés par un incendie.

En 1881, Alfred Guérard cède La Luciline à Alexandre Deutsch tout en conservant la fonction d’administrateur-général délégué de la société. Il est cité dans la correspondance de Gustave Flaubert. Leurs familles étaient liées et Alfred Guérard était un fidèle ami de Louis-Hyacinthe Bouilhet, lui-même intime de Flaubert. Il mourut à Rouen le 26 novembre 1889 à son domicile du 99, avenue du Mont-Riboudet et il repose au cimetière de Bonsecours où est inhumé également José-Maria de Heredia.

Il avait épousé le 3 juillet 1855 à Rouen, Julie Flore Dumont dont le frère Henri fut administrateur général délégué du Comptoir d’escompte de Rouen. Julie Dumont qui était arrière-petite-nièce du conventionnel François Primaudière, donna le jour à quinze enfants, dont dix vécurent.

 

 

Aux archives départementales de Seine-Maritime, un arrêté du 24 octobre 1891 du maire de la ville de Rouen stipule que l’éclairage public est au gaz. On peut donc supposer que les réverbères du Pont Corneille de Lemaître sont des becs à gaz.

 

 

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