Je vous en donne / fiche / fous mon billet.

Je vous affirme, assure, certifie que…

Origine

Il y a bien longtemps, lorsque j’étais face à l’ouvreuse à l’entrée de la salle de cinéma, je lui donnais systématiquement mon billet sans pourtant rien lui affirmer (sauf, peut-être, que je ne voulais surtout pas être aux premiers rangs et qu’elle était jolie, chose qu’elle savait déjà amplement, vu le nombre de mâles stupides passés avant moi avec le même compliment).
À la même époque, d’autres plus âgés, avaient pour habitude de donner son billet à la dame de petite vertu qui venait d’accomplir sa tâche rétribuée. Ils n’avaient pourtant pas grand-chose à affirmer, sauf, peut-être, leur virilité.
Alors en quoi donc le billet qui nous intéresse peut-il correspondre à une affirmation ?

À l’origine, un « billet » (mot né au milieu du XIVe siècle) est un message écrit bref, au contenu réduit à l’essentiel.
Au fil des décennies, tout en conservant son sens initial, il a également eu plusieurs significations, dont, aussi abracadabrantesque que cela puisse paraître, celle de « formule magique ».
Le « billet de banque », au début du XVIIIe siècle, vient du « bille » vu comme une promesse écrite, un engagement de payer une somme.

C’est à la fin du XVIIe, un peu avant l’apparition de notre expression, que le « billet » est aussi une attestation écrite de quelque chose.
On peut donc comprendre je vous en donne mon billet comme « je suis tellement sûr de ce que j’affirme que je suis prêt à vous écrire un billet qui l’attesterait ».

Les verbes « ficher » et « foutre » sont arrivés ensuite par simple remplacement de « donner » par des équivalents argotiques.

Exemple

« … il y avait du monde à ton service funèbre ! C’était pis qu’au convoi de Lafayette (…) j’étais bien fière d’être ta mère, je t’en donne mon billet ! »
Emile Augier – Le Mariage d’Olympe

 

Merci à Expressio.fr 

 

© Daniel Caillet, 2016