François Depeaux (13 juillet 1853 à Bois-Guillaume – 11 octobre 1920 au Mesnil-Esnard) est un industriel, collectionneur d’art et mécène français.

Il achète une mine de charbon près de Swansea dans le Pays de Galles et développe cette industrie.

En 1886, il est l’un des membres fondateurs de la Société des Amis des Monuments Rouennais.

Il possède entre 1880 et 1920 près de 600 tableaux. À la suite de son divorce, une partie de sa collection est dispersée en 1901 et en 1906. En 1903, il propose 300 tableaux au musée des beaux-arts de Rouen. En 1909, le conservateur accepte une donation de 53 tableaux impressionnistes et postimpressionnistes. Il est l’un des défenseurs de l’école de Rouen. À sa mort, son importante collection est dispersée lors de trois ventes publiques.

Durant l’occupation, son fils Edmont Depeaux qui lui succéda dans le négoce de charbon fut, après dénonciation à la Kommandantur, condamné à mort et fusillé dans des conditions inhumaines le 17 décembre 1941 pour détention d’armes.

Le 20 octobre 2012 a été inaugurée une allée François-Depeaux à La Bouille (Seine-Maritime). Elle se situe le long de la Seine à l’emplacement du château du Vracq qui fut une de ses propriétés.

Industriel et philanthrope, armateur et régatier, vivant entre Rouen, son port d’attache, Paris et Swansea, au pays de Galles, où il possédait une mine d’anthracite, celui que la « bonne bourgeoisie » rouennaise appelait le « charbonnier » fut aussi un inventeur prolifique, obtenant plusieurs brevets d’invention pour ses machines et un auteur.

Amateur éclairé, collectionneur passionné, il posséda entre 1880 et 1920 près de six cents tableaux, de Courbet à Dufy en passant par les impressionnistes qui avaient sa faveur. Les noms, entre autres, de Sisley, Monet, Pissarro, Guillaumin, Renoir, Lebourg, Caillebotte, Morisot, Toulouse-Lautrec et Gauguin figuraient au sein de sa collection. Il fut aussi l’ardent défenseur de l’Ecole de Rouen, soutenant notamment Delattre et Pinchon en organisant des expositions à Paris afin de les faire mieux connaître.

Comment est-il possible d’imaginer aujourd’hui que les officiels de l’époque refusèrent une première fois la donation de sa collection de tableaux au Musée de Rouen ? Il était alors hors de question de faire entrer au musée, de leur vivant, les auteurs d’une peinture « dégénérée ».

La dissolution d’un mariage fait sous le régime de la communauté entraîna des ventes aux enchères successives de ses collections. Là, sous son nom ou par l’intermédiaire de marchands – Durand-Ruel, Bernheim, Rosenberg, … – il racheta quelques-unes de ses propres toiles et regrettait les autres qu’il voyait s’envoler à des prix élevés. L’histoire était en marche, la reconnaissance des impressionnistes se faisait de jour en jour.

Puis, vint l’époque où les autorités acceptèrent sa donation, pâle reflet de ce qu’elles avaient laissé passer. Malgré tout, le musée des Beaux-Arts de Rouen peut aujourd’hui s’enorgueillir de posséder quelques pièces maîtresses.

Le temps passant, le nom de Depeaux tomba dans l’oubli mais ses tableaux continuaient de vivre, changeant de mains, passant de collectionneurs en marchands, et pour beaucoup ayant les honneurs de la cimaise dans les plus grands musées du monde, de Paris à Washington, de Berlin à Saint-Pétersbourg, de Zürich à Tokyo.

Un grand merci à Internet.

© Daniel Caillet, 2018