Des fouilles surprenantes au pied de la cathédrale de Rouen

Un chantier de fouilles archéologiques a démarré en début de semaine au pied de la cathédrale de Rouen (Seine-Maritime). Il a notamment permis de mettre au jour une cave qui daterait de l’époque médiévale et ce qui semble être un bunker allemand, oublié à cet endroit.

Des coups de pelles et de pioches, des murs de pierres, de briques et de bétons qui sont tout à coup mis au jour. La partie sud du parvis de la cathédrale de Rouen (Seine-Maritime) est désormais un grand chantier de fouille à ciel ouvert, depuis le lundi 14 janvier 2019. Un chantier obligatoire dans le cadre des travaux de l’opération cœur de Métropole et qui doivent durer trois semaines. « C’est à chaque fois l’occasion d’en apprendre sur Rouen et sur sa fondation », explique le président de la Métropole Rouen Normandie, Frédéric Sanchez. Mais pas trop quand même puisque les fouilles doivent se limiter à un mètre de profondeur, soit la zone impactée par les travaux. Une certaine frustration à laquelle sont habitués les chercheurs de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP).

Une cave médiévale et un bunker

Des chercheurs qui savaient en partie à quoi s’attendre sur ce chantier. « On a juste enlevé le pavage récent, donc on a dessous les maisons qui ont brûlé lors de la seconde guerre mondiale », détaille Bénédicte Guillot, responsable opération INRAP de ce chantier. Le parvis était en effet plus court à l’époque. Tout l’intérêt de ces fouilles est de pouvoir dater ces maisons qui ont été détruites. « On a pu voir une cave qui, probablement, remonte au Moyen-âge », explique la spécialiste, en s’appuyant notamment sur l’étroit escalier en colimaçon, qui a été découvert.

L’autre surprise, ce sont ces deux grands blocs de béton armé. « C’est probablement un bunker ou un abri de la seconde guerre mondiale que les Allemands ont dû construire après que le quartier a brûlé, et qui a été oublié ensuite. C’était la surprise de découvrir ça juste à côté de la cathédrale », s’enthousiasme Bénédicte Guillot.

L’archéologie du quotidien

C’est à une histoire relativement récente, contemporaine, que s’intéressent les chercheurs sur ce chantier. Une archéologie nouvelle. « On s’intéresse de plus en plus aux populations civiles. Jusqu’à maintenant on pensait que c’était très récent et qu’on connaissait. Concrètement, qu’est-ce que ça voulait dire vivre à Rouen au XXe siècle quand on était civil, ça fait partie de l’histoire de la ville qui a été mise de côté. »

Une ancienne plaque de la rue de Change a été retrouvée ainsi que d’autres traces des incendies.

« On a trouvé des bouteilles de verre qui ont complètement fondu ce qui nous montre l’impact d’une bombe dans le quartier ».

D’autres petites bouteilles, probablement issues d’une armoire à pharmacie, ont été trouvées. « Cela veut dire que les gens avaient ce type de médicament chez eux. »

Le chantier doit se poursuivre pendant encore deux semaines. Un nouveau chantier de fouille débutera dans la rue de Change et sur une partie de la rue des Bonnetiers après l’Armada.

Tendance ouest

© Daniel Caillet, 2019