Saint-Romain fut évêque de Rouen dans la première partie du VIIe siècle. Son nom est associé à la légende de la « Gargouille » : une sorte de monstre qui hantait les prés Saint-Gervais. L’évêque de Rouen voulut combattre cette espèce de dragon, mais seul un condamné à mort, à qui l’on promit la vie sauve en cas de réussite, accepta de le suivre. La « Gargouille » fut capturée et brûlée vive, et le prisonnier libéré. Le roi Dagobert accepta d’accorder à l’évêché de Rouen le droit de libérer un criminel une fois par an, le jour de l’Ascension, en souvenir de cet évènement. Au XIe siècle, les reliques du vainqueur et les restes du monstre furent placés dans la cathédrale de Rouen. Cet événement attira plus de 10 000 personnes, parmi lesquelles des fermiers, des baladins, des conteurs d’histoire, des faiseurs de tours, etc. La même réunion eut lieu l’année suivante : la foire Saint-Romain était née. Au Moyen Âge, la foire s’ouvrait par une grande cérémonie où l’on libérait un prisonnier condamné à mort, lui faisant soulever la fierte (châsse) contenant les reliques, en souvenir des services légendaires rendus autrefois par Saint Romain ; ce privilège fut renouvelé chaque année jusqu’en 1790. On ne parlait pas alors encore de foire Saint-Romain, mais de la foire du Pardon, qui avait lieu sur les hauteurs, vers le quartier Beauvoisine, dans un vaste champ qui portait le nom de champ du Pardon. À cette époque, on y trouvait de tout : habits, meubles, bijoux, linge, chaussures, faïence, coutellerie, chaudronnerie…, et de nombreux théâtres ambulants se chargeaient de l’animation. Le 23 octobre, jour d’ouverture, une grande vente de chevaux, de bœufs, de vaches, de moutons, d’ânes, de porcs, etc. s’y tenait.

Au XIXe siècle, les marchands, toujours présents, se sont effacés peu à peu pour laisser place aux spectacles forains. Ainsi, nombreux sont les représentations théâtrales, les tableaux, les parades, les troupes équestres, les ménageries, les musées anatomiques, etc. qui envahissent les rues de Rouen

En 1983, la Foire Saint-Romain quitte les boulevards et la place du Boulingrin pour s’installer sur les quais de la rive gauche. Les spectacles forains ont disparu au profit d’attractions toujours plus spectaculaires et lumineuses entourées de manèges et stands bien plus modestes, le tout offrant un spectacle féerique à perte de vue. En 2015, après plusieurs années de tension entre les forains et la municipalité (opération escargot en ville en 2013, implantation sur un espace paysagé en 2014, mouvements divers en 2015), la foire devra dorénavant se tenir sur l’esplanade Saint Gervais – quai de Waddington, qui va être aménagé pour être le lieu où se tiendront les grandes manifestations festives.

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Saint-Romain annulée : une triste nouvelle

La Ville de Rouen et la Métropole Rouen Normandie prennent acte et regrettent profondément l’annonce faite par les forains, hier soir, d’annuler l’édition 2015 de la Foire Saint-Romain.

« La Saint-Romain fait partie du patrimoine de notre Ville et de notre Métropole », soulignent Yvon Robert, Maire de Rouen, et Frédéric Sanchez, Président de la Métropole Rouen Normandie. « Nous y sommes profondément attachés, et son annulation décidée par les forains est une triste nouvelle. Nous regrettons qu’elle ne puisse avoir lieu cette année.

« L’objectif de tous est désormais de préparer et réussir l’édition 2016. »   L’accord conclu la semaine dernière entre les représentants forains et les pouvoirs publics (collectivités et Etat) a posé les bases d’une solution durable pour la Foire Saint-Romain », insistent les élus.

Comme l’ont déclaré les forains, c’est sur ces bases que pourra se dérouler le travail de préparation associant les collectivités, les professionnels forains et les services de l’Etat, afin que l’édition 2016 de la Foire Saint-Romain sur l’esplanade Saint-Gervais soit une réussite.

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 © Daniel Caillet, 2015