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Dans le sillage

Les articles "Dans le sillage" du 22/07/2008 au 12/08/2008 sont intégrés dans une compilation disponible pour les adhérents et sympathisants. Renseignez-vous auprès de Daniel CAILLET.


  • 22/07/2008 : Le "Père de la Nouvelle France"
  • 29/07/2008 : "Le Polar Gentleman"
  • 05/08/2008 : Le père de la Floride normande, proie des cannibales
  • 12/08/2008 : "Le Médicis de Dieppe"


    22/07/2008 : Le "Père de la Nouvelle France"


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    En 1599 déjà, Samuel de Champlain, natif de Brouage en 1567, avait traversé l'Atlantique et à Panama, remarquait judicieusement qu'un canal écourterait les voyages vers la "mer du sud" (le Pacifique). Géographe royal, il entreprend sur "La Bonne Renommée" et "La Françoise" une seconde traversée en 1603, le premier des 21 voyages vers cette destination qui lui permettront d’étudier moeurs et coutumes des indigènes. Il décide alors de remonter le Saint-Laurent et débarque sur le site de la future ville de Québec, en fait "un détroit de la rivière de quelques 300 pas de large". Il termine sa remontée du fleuve au "Mont-Royal" et revenu en France, il s'empresse de relater ses observations à Henri IV qui encourage la Nouvelle-France. Le saintongeois entamera alors une colonisation difficile et il choisit le Saint-Laurent pour berceau de la colonie. Selon lui, grâce à une terre fertile et l'aide des indigènes unis contre leurs ennemis Iroquois, la colonie devrait se développer rapidement.

    4 siècles de cousinage

    En 1608, Champlain remonte à nouveau le fleuve, parcourt l’Acadie et fonde la ville de Québec dont le 400e anniversaire est célébré cette année. Il découvre la côte nord-est américaine et les grands lacs Huron et Ontario. Il fait ériger un petit fort où habiteront 28 français, mais un rude hiver n’en épargnera que 8. Tenace, il réussit malgré tout à maintenir l'établissement et affronte douze fois l'océan pour défendre les intérêts de la colonie auprès de la cour devenue réticente. Marie de Médicis confie l'autorité politique du Canada aux princes de Bourbon-Condé qui délèguent leur pouvoir à Champlain. Il tente de contrer la Compagnie des Marchands qui nourrit la "traite" et empêche une installation durable. En 1618, l'ambitieux et persévérant navigateur emmène avec lui 300 familles qui ne seront plus que 5 en 1628. Il doit alors faire face aux anglais et leur résiste pendant un an jusqu’au printemps 1629. Champlain peine pour trouver des volontaires, mais ses efforts seront enfin récompensés à partir de 1632. Le processus s'accélère alors et il obtient une juste récompense. En 1634, il prépare la création de Montréal, devenue effective en 1642 et il peuple la colonie en y faisant venir familles, artisans, soldats et prêtres. Dès lors la présence française s'instaure au Québec. Le "Père de la Nouvelle-France" peut se retirer en paix et meurt dans son "Abitation de Québecq" le 25 décembre 1635.

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    29/07/2008 : "Le Polar Gentleman"


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    Si Jean-Martin Charcot, célèbre neurologue, avait exploré les "terra incognita" de la pathologie nerveuse, son fils Jean-Baptiste, né le 15 juillet 1867, deviendra l’un des plus grands explorateurs polaires du 20e siècle, à l’instar des Byrd, Amundsen, Rasmussen, Shackleton et Scott. Ce dernier estimait d’ailleurs la valeur humaine du commandant et l’affubla d’un sobriquet resté célèbre : "the Polar Gentleman». Après une longue absence des français dans le domaine de la recherche polaire, depuis la découverte de la Terre Adélie par Dumont d’Urville en 1840, Charcot effectuera deux expéditions capitales en Antarctique, avec le "Français" en 1903-1905, puis à bord du "Pourquoi Pas ?" en 1908-1910.

    "Pourquoi Pas ?"... drôle de nom pour un navire, mais après tout pourquoi pas, pourrait-on dire. En fait, il l’avait appelé ainsi, car dans son enfance, quand on lui demandait ses raisons de devenir marin et explorateur, Jean-Baptiste répondait invariablement : "pourquoi pas ?". Naviguant dans des conditions extrêmes en bordure de banquise, il longe la Terre de Graham et découvre un territoire inconnu qu’il baptise "Terre Charcot" en l’honneur de son père.

    Les résultats de ses missions ont de quoi impressionner avec des milliers de kilomètres de côtes reconnues, des cartes marines d’une précision telle qu’elles seront encore utilisées un quart de siècle plus tard par les pêcheurs de baleines, et des photographies à profusion.

    Escale rouennaise

    Le 4 juin 1910, au retour de la mission, le "Pourquoi Pas" passe sous le Pont Transbordeur de Rouen et Charcot retrouve sa femme, en présence de Paul Doumer, qui n’était pas Président de la République à cette époque, et de nombreuses personnalités venues l’accueillir.

    Pendant la première guerre mondiale, Charcot sera médecin de marine puis lieutenant de vaisseau et chassera … les sous-marins. Récompensé pour sa bravoure et son courage, il recevra les Croix de guerre britannique et française et sera élu membre libre de l'Académie des Sciences en 1926.

    De nombreuses missions scientifiques du navigateur explorateur, seront aussi conduites dans les mers du nord tant aux îles Féroé qu’à Jan Mayen ou en Islande. Sur le côté est du Groenland il va collaborer aux recherches de l’explorateur danois Mikkelsen. En 1934, il y installe la mission ethnographique de Paul-Emile Victor qui doit vivre pendant un an au milieu d'une population eskimo.

    Mais le 15 septembre 1936, sur le chemin du retour au large de l’Islande, le "Pourquoi Pas ?" pris dans une tempête cyclonique, fait naufrage dans des conditions dramatiques. Il se brise contre des récifs et sombre avec son équipage. Il n’y a qu’un seul survivant, le maître-timonier Gonidec qui réussit à gagner la côte à la nage. Le corps de Jean-Baptiste Charcot, sera retrouvé et enterré au cimetière Montmartre de Paris après des funérailles nationales.

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    05/08/2008 : Le père de la Floride normande, proie des cannibales


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    Jean de Verrazzano, né à Florence vers 1486 d'une famille distinguée, suit à Dieppe Jean Ango, attaché à la fortune des Médicis, célèbre famille expulsée de la capitale toscane. D'autres compatriotes nobles se fixent à Lyon et en 1523, ils forment une compagnie pour ouvrir par le pôle nord le passage vers la Chine, pays de la soie.

    Quatre vaisseaux partis du Havre se dirigent via la mer du nord vers la Moscovie en 1523. Chassée par la tempête en Scandinavie, la flottille redescend en Armorique avec seulement deux bâtiments. De là, le capitaine Verrazzano se dirige vers les Açores, puis, laissant la "Normande" de Jean Ango, il s'élance le 17 janvier 1524 sur l’océan avec la "Dauphine" et 50 hommes résolus.

    Moins d’un mois après, il accoste en Floride, découverte en 1512, et baptise "Louise" l’île de Long Island, en mémoire de la mère du roi. Les aborigènes, à bord de leurs canots, acclament les explorateurs. Le 6 mai, la "Dauphine" retourne en "Terre des Bretons" et entre en rade de Dieppe, le 8 juillet. François 1er sera émerveillé par le récit de l'expédition.

    Une cartographie franco - italienne

    Jérôme, le frère de Jean, habile cartographe, dessine en 1529 la topographie des pays visités, "Gallia Nova" ou "Nouvelle-France" et la nomenclature des lieux est franco-florentine. Le littoral américain devient la "Francesca" avec Valle Umbrosa, San Miniato…, alternant avec Dieppa, Anaflor (Honfleur), Auguleme ou Normanvilla.

    La "Nouvelle-France" est créée, tandis que la liberté des mers est acquise, balisant la voie des futurs découvreurs. Si la Cour, la noblesse et les marchands sont optimistes, espérant des succès plus grands encore, les actionnaires de Lyon, Rouen, et Dieppe sont déçus. Pas découragé, Verrazzano implore le roi, sollicitant bienveillance et subsides pour une nouvelle expédition.

    Un second voyage est projeté en 1526 et les armateurs ne font pas défaut, notamment Alonce de Civille, vicomte de Rouen, qui arme deux vaisseaux "pour l'entreprise d'un voyage en certaines îles inconnues ès Indes". Sur le point d'appareiller, le capitaine reçoit un contre-ordre de François 1er et la flottille est appelée à combattre l’ennemi. C’est alors qu’Henri VIII, signe la paix avec la France et Jean Ango s'empresse de patronner son ami Verrazzano. De ce voyage aucun récit n’a été rapporté, mais on suppose que l'explorateur fit le même trajet. Pourtant, la carte datée 1527 de Maggiolo, membre de l'expédition, représente pour la première fois les plages et côtes américaines du Labrador jusqu'au détroit de Magellan.

    Un dernier voyage aura lieu en 1528. Verrazzano reprend la mer, bien informé par une publication récente relatant le voyage de Magellan autour du monde en 1520-1522. Il s'attache à suivre la même route mais au Rio de la Plata, au cours d’une reconnaissance, surpris par les indiens, il est massacré et dévoré par les cannibales, devant son équipage.

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    12/08/2008 : "Le Médicis de Dieppe"


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    Dieppe a joué un rôle majeur dans les explorations maritimes du 16e siècle, sous l'impulsion de Jean Ango, le plus célèbre de ses habitants. Le port pratiquait depuis le Moyen Age la pêche hauturière et il avait développé l'artisanat de l'ivoire à partir des dents de cachalot. En 1282 et 1385, des navigateurs dieppois auraient été les premiers européens à débarquer en Côte d'Ivoire, aussi appelée "Côte des Dents", afin d'y charger des défenses d'éléphant matière première essentielle pour leurs ateliers d'art.

    Jehan Ango, qui y est né en 1480, armateur riche et puissant, était prédestiné à vivre de la mer, ressource ordinaire des Normands au 15e siècle. Humaniste, accusé plus tard par Calvin de faire partie de la secte des Libertins ou Illuministes, il pratiquait le commerce régulier des épices en Afrique et en Inde, mais aussi, avec l’appui de Marguerite de Navarre, la sœur de François Ier dont il fut l’ami, la "guerre de course" contre les Espagnols et la piraterie contre les Portugais. Ces derniers appliquaient en effet avec férocité la bulle papale "Inter Coetera" interdisant à tout navire non espagnol ou portugais de naviguer à plus de cent lieues des Açores.

    Elevé à la dignité de vicomte, charge correspondant à des fonctions de juge de police, c’est à partir de 1522 qu’il acquiert sa prodigieuse fortune, lorsque l’un de ses capitaines, Jehan Fleury, vole au nez et à la barbe de Charles Quint, l’or que Cortés lui envoyait du Mexique.

    "Jehan" des mers

    Il lancera plusieurs expéditions comme l’exploration de la baie du fleuve Hudson (nommée "Angoulesme") par Giovanni da Verrazzano, la découverte de Terre-Neuve par Aubert et celle de l’archipel indonésien des Moluques par les frères Jean et Raoul Parmentier. Ce sont ces derniers qui inventent en 1529 le rite bouffon du «Baptême de la Ligne» qui se pratique toujours sur tous les navires au passage de l'Équateur.

    La légende dit aussi qu'en 1531, Ango fit bloquer le port de Lisbonne en représailles des pertes occasionnées par les Portugais à sa flotte, mais aucun document d'époque, français ou portugais ne confirme cet évènement. Il faudra attendre la fin du 17e siècle pour voir des gravures représentant la prise de Lisbonne.

    En récompense de ses succès, Ango sera nommé par le roi gouverneur de Dieppe. Le port normand devient alors le plus important du royaume, comptant environ 40.000 habitants, un chiffre considérable pour l'époque.

    A Varengeville sur Mer, près de Dieppe, l'armateur fera construire par des architectes italiens un superbe manoir qui porte son nom et il meurt à Dieppe en 1551 presque ruiné.

    Après sa disparition, la vocation maritime dieppoise se perpétuera avec entre autres l’expédition de Jean Ribault qui commandera une expédition pour explorer la Floride.

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