La fenêtre  dite « à guillotine  » est caractérisée par un châssis  en deux éléments, l’ouvrant (partie basse), coulissant verticalement entre deux rainures aménagées dans le dormant. Système traditionnel au Royaume-Uni, en Irlande et dans les pays de peuplement britannique (Amérique du Nord, Australie, Nouvelle-Zélande …), il était jadis assez répandu aux Pays-Bas, notamment dans le centre historique d’Amsterdam. Probablement par anglomanie, il apparaît sporadiquement dans l’entre-deux-guerres en Belgique et dans le nord de la France sur des maisons bourgeoises pourvues de larges baies. Le châssis inférieur coulissant y est combiné parfois avec une partie haute fixe dotée d’un vitrail à résille de plomb. A Paris, certains HBM (habitations à bon marché) des années 1930 en ont été dotés.

L’origine de la fenêtre à guillotine est mal connue. La plus ancienne représentation connue est celle du tableau « La Laitière », peint entre 1658 et 1661 par Vermeer, antérieurement aux premières apparitions anglaises, ce qui conforte une origine hollandaise. Malgré tout, certains indices laissent supposer une origine française (l’anglais « sash » est dérivé du français « châssis »), éventuellement via les Pays-Bas. En revanche, la raison de son expansion foudroyante à la fin du XVII e siècle en Angleterre est avérée. Elle est l’une des conséquences du grand incendie qui détruisit en septembre 1666 la plus grande partie du centre ville londonien. On profita de la reconstruction pour bâtir des maisons en briques dotées de fenêtres plus généreuses qu’auparavant. Les sash windows produites en grande série, permirent alors de généraliser à moindre coût une qualité d’éclairement rivalisant avec celle des demeures seigneuriales. Le système sera perfectionné grâce à l’invention du mécanisme à contrepoids généralement attribuée au physicien britannique Robert Hooke qui était aussi l’architecte chargé de superviser la reconstruction de Londres.