Plage de Trouville (1865).

Eugène Boudin (1824-1898)
Né à Honfleur d’un père marin, après un déménagement au Havre, Eugène Boudin devient commis chez un imprimeur puis chez un papetier.
Tout juste âgé de 20 ans, il fonde sa propre papeterie. Dans le cadre de son métier, il entre en relation avec des artistes contemporains, dont Charles Baudelaire, Jean-François Millet, Thomas Couture…
Après avoir commencé à se mettre au dessin, sur les conseils de Millet et Couture, il abandonne son commerce et se lance dans une carrière artistique. Suivant des cours à l’école municipale de dessin du Havre, il ne se consacre bientôt plus qu’à la peinture.
Grâce au soutien d’artistes peintres reconnus, Eugène décroche rapidement une Bourse pour poursuivre son enseignement sur Paris. Il devient rapidement élève-copiste, ce qui lui permet de joindre l’utile à l’agréable, en recopiant pour quelques amateurs des toiles de grands Maîtres.
Dès lors il partage sa vie entre Paris et la Normandie, avec de brefs passages en Bretagne.
Alors âgé de 35 ans, il expose enfin sa première toile à Paris. Il se fait remarquer pour ses lumières, par les amateurs d’arts, mais aussi par ses pairs. C’est à partir de cet instant qu’il rencontre le jeune Monet qu’Eugène Boudin initiera à la peinture en plein-air, non loin de la Ferme de Saint-Siméon.
La majorité, pour ne pas dire tous les peintres de cette époque et du courant académique ne travaillent qu’en atelier. Cette volonté d’Eugène Boudin d’aller dans la nature, capturer les impressions fugitives, la mobilité des phénomènes climatiques, plutôt que l’aspect stable et conceptuel des choses fondera les bases du courant impressionniste.
Dominé par Académie royale de peinture qui fixe, depuis Louis XIV, les règles du bon goût, cette nouvelle forme d’art pictural peine à trouver sa reconnaissance.
Quelques années plus tard, alors que l’impressionnisme est enfin reconnu et apprécié à sa juste valeur, Eugène Boudin est reconnu comme un des précurseurs de ce mouvement.
En 1898 se sentant défaillir alors qu’il se trouve à Paris et il demande à mourir face à la mer.
Il se fait transporter à Deauville où il décède le 8 août au matin.
Son goût prononcé pour la mer a fait de lui, un grand peintre de marines avec une reconnaissance internationale de son vivant.
L’importance du ciel et des effets atmosphériques dans ses peintures lui a valu d’être surnommé le « roi des ciels».

© Daniel Caillet, 2018