Avec « Les Triomphes de Pétrarque », « L’entrevue du Camp du Drap d’Or » est une série de bas-reliefs exécutés au XVI e siècle et visibles dans la cour de la galerie d’Aumale de l’Hôtel de Bourgtheroulde.

Le camp du Drap d’Or, tenu entre le 7 et le 24 juin 1520 au lieu-dit « Le Val-Doré », était un campement établi dans une vaste plaine des Flandres par François Ier, près de Calais, entre les châteaux d’Ardres, appartenant à la France, et de Guînes, propriété anglaise. Il a accueilli l’entrevue célèbre entre François I er, roi de France, et Henri VIII, roi dAngleterre. Son nom est en lien avec le faste déployé par les cours rivales. François Ier voulait s’allier le roi d’Angleterre pour déjouer les intrigues de Charles Quint mais l’entrevue fut un échec pour le souverain français qui ne parvint pas à l’alliance espérée. Sans doute, la démonstration de force de François Ier y a contribué. Martin du Bellay soulignait que les deux rois « y portèrent leurs moulins, leurs forests et leurs prez sur leurs épaules ».

Grille de lecture : L’examen le plus aisé de l’ensemble se fait de gauche à droite. On peut alors contempler successivement les scènes suivantes :

1-Sortie du château de Guînes représenté par deux grosses tours rondes qui encadrent la porte. Quatre spectatrices assistent au départ du cortège des seigneurs vêtus richement, sur des chevaux harnachés somptueusement pour accompagner Henri VIII.

2-Au milieu du cortège anglais, le cardinal Wolsey, couvert d’un chapeau plat, suit des sergents massiers et un clerc porteur d’une croix avec un seul croisillon.

3-La scène centrale montre Henri VIII à gauche avec le collier de l’ordre de la Jarretière et François I er à droite avec l’ordre de Saint-Michel. Ils tiennent leurs couvre-chefs à la main pour se saluer. Accompagnés de cavaliers dont un anglais portant un arc, ils sont entourés par de nombreux soldats équipés de piques (français) et d’hallebardes.

4-Au milieu du cortège français, le cardinal de Boissy, récent légat du pape, est entouré de nombreux prélats. Il est lui aussi précédé de sergents massiers et d’un clerc porteur d’une croix à double croisillon, ce qui montre une dignité supérieure à celle de son homologue anglais.

5-Tout à droite de l’ensemble, au son des canons, le cortège français sort de la ville d’Ardres. Un noble personnage met le pied à l’étrier sous le regard de spectatrices aux fenêtres et sur les remparts.

 

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© Daniel Caillet, 2017