La question pas si bête : quelle est la véritable ville aux cent clochers en Normandie ?

La question se pose en Normandie : qui de Caen ou de Rouen est la véritable ville aux cent clochers ? Nous avons voulu mettre un terme à ce débat. Éléments de réponses.

Caen a le surnom de la Ville aux 100 clochers. Mais entre elle et Rouen, qui décroche le titre en Normandie

Nombreux sont ceux qui attribuent l’expression de la ville aux cent clochers à Mark Twain (1881) pour désigner la ville de Montréal, comme l’explique La Presse. En Normandie, deux communes se disputent ce titre : Caen et Rouen. Si toutes les deux peuvent se targuer d’avoir en effet bon nombre de clochers, reste à savoir si l’appellation se vérifie.

La rédaction de Normandie-actu s’est penchée sur cette question. Éléments de réponses.

Merci Victor Hugo

Il convient au préalable de définir ce qu’est un clocher. Il s’agit en toute logique d’une tour qui abrite une ou plusieurs cloches. Mais elles ne sont pas uniquement l’apanage des églises, on  retrouve aussi des clochers civils comme le Beffroi du Gros Horloge à Rouen.

En 1831, Victor Hugo, dans son recueil de poèmes Les feuilles d’automne parla pour la première fois des cent clochers concernant la ville de Rouen. On peut lire : « Amis ! c’est donc Rouen, la ville aux vieilles rues, aux vieilles tours, débris des races disparues, la ville aux cent clochers carillonnant dans l’air. »

Pour autant, existe-t-il réellement cent clochers à Rouen ? « Non », répond Guy Pessiot, vice-président à l’office de tourisme de Rouen, « il en existe aujourd’hui 38 ». Dans ce chiffre sont inclus les clochers dans les églises, les chapelles, etc. « mais pas ceux que l’on peut trouver dans les écoles ».

Avant 1789, il y en avait 104. Mais avec la Révolution et la Seconde Guerre mondiale, beaucoup ont été détruits.

Pour la Drac (Direction régionale des affaires culturelles), il en existe 34, « mais les chiffres peuvent varier car certaines abbayes ne relèvent pas de l’État comme l’abbaye de Jumièges, en Seine-Maritime », assure le service communication de l’organisme.

Le saviez-vous ?
L’appellation « Ville aux cent clochers » n’est pas propre aux villes normandes. Il en existe plusieurs : Dijon, Arras, Poitiers, Troyes, Reims, Liège, Prague et… Montréal !

La ville aux cent clochers chère à OrelSan

Du haut du viaduc de Calix, il est facile d’apercevoir les clochers qui dominent Caen (Calvados). La ville a pris son essor sous Guillaume le Conquérant (XIe siècle) avec la fondation de deux abbayes : l’abbaye aux Hommes et l’abbaye aux Dames.

Au fil des ans, différentes églises ont été érigées, témoins d’une époque prospère. Leur développement était lié aux nombres de paroisses et à l’époque, les habitants se définissaient davantage par leurs paroisses, plutôt que par leur quartier.

Pour autant, toutes les églises n’ont pas de clochers : « Il n’y en a pas 100 à Caen », assure Jean Remy, chargé de la valorisation du patrimoine à l’office de tourisme de Caen La Mer.

Cette appellation est une extrapolation, mais ça témoigne d’une présence marquée de ces clochers.

Alors quel est leur nombre exact à Caen ? Selon l’Office de tourisme, on en compterait aujourd’hui 20. Pour la Drac de Basse-Normandie, il existe 27 éléments patrimoniaux religieux. Ces édifices comportent-ils tous des clochers ? Difficile à dire.

À terme, cette appellation relève davantage d’un mythe, voire même d’un  argument marketing, plutôt que d’une réalité. Et le match n’est donc pas prêt de se terminer en Normandie.

 

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© Daniel Caillet, 2019