Personnage de l’Ancien Testament, Joseph est honoré en 1868 par la construction d’une petite chapelle qui lui est dédiée. Elle est alors peu fréquentée sauf pour quelques messes et vêpres dominicales. En 1880, juste à côté, débute l’édification de l’église actuelle, d’abord le portail et les quatre premières travées, sur les plans du Chanoine Robert. Sept ans plus tard, le clocher se dresse enfin au cœur du quartier et en 1887, la cloche est bénie par l’évêque de Rouen, Mgr Thomas. Une sacristie complètera cet édifice néo-roman de facture assez classique et le 7 décembre 1892 la chapelle deviendra l’église paroissiale St Joseph.

En 1905 l’église devient propriété communale, tandis que presbytère et dépendances sont donnés aux Hospices Civils, au Bureau de Bienfaisance et au Mont de Piété. Mais les travaux s’éternisent, si bien qu’il faut attendre 1909 pour obtenir les plans du chevet et l’inauguration avec la nouvelle chaire. Et la fin des travaux attendra 1911.

 

A l’heure éternelle

Les plus curieux remarqueront deux détails insolites. Les clefs de voûte sont toutes différentes et la pendule qui n’a jamais fonctionné est restée bloquée à 1 h 15, peut-être l’heure de sa mise en place. Les nostalgiques eux, regrettent toujours la disparition des grilles qui fermaient le chœur et retirées après le concile de 1962.

Quant à l’orgue, son histoire est curieuse. Sorti des ateliers Cavaillé-Coll, il aurait dû avoir une vie de salon. Mais son propriétaire le donna aux religieux du Bec Hellouin qui le cédèrent ensuite à la ville de Rouen. Mais malencontreusement transformé en orgue baroque, il dut être « ré-harmonisé » avant d’être inauguré le 1er mai 1959, jour de la fête de St Joseph l’artisan. En 1997, inquiet de son état, le Conseil Pastoral de la paroisse réunit les fonds nécessaires à sa rénovation et il trône aujourd’hui au milieu du chœur, derrière le maître autel.