L’église Saint-Patrice de Rouen est une vraie galerie de vitraux. La plupart sont du XVIe siècle, les autres, du XIXe, un dernier est de Max Ingrand. Comme les églises rouennaises de Saint-Vivien et de Saint-Godard, elle présente une nef centrale et deux bas-côtés. À l’origine, elle était voûtée en bois. Historiquement, le bâtiment a été précédé de deux édifices. Au Xe siècle, l’emplacement qu’occupe l’église actuelle était à l’extérieur des murailles. Il abritait un oratoire déjà dédié à Patrice, saint patron de l’Irlande. Un incendie ravagea tout le quartier en 1228. La reconstruction fut l’occasion de repousser le périmètre des murailles : la nouvelle église fut dès lors érigée dans l’enceinte de la ville. En 1535, Saint-Patrice fut entièrement rebâtie en style gothique flamboyant. Le quartier aux alentours, bientôt habité par de riches familles de notables rouennais, vit s’élever de somptueux hôtels particuliers. Des membres du Parlement de Normandie y avaient élu leur domicile. Et les sources de financement pour les vitraux ne manquèrent pas.
En 1562, Saint-Patrice est pillée par les huguenots. L’armée royale d’Henri IV assiège la ville en novembre 1591 (jusqu’à avril 1592). À cette occasion, des boulets de canon viennent percer le clocher (rappelons que l’édifice s’élève tout près du rempart situé au nord). En 1648, d’importants travaux l’agrandissent : chevet élargi ; érection de la façade ouest sur la rue, et extension du bas-côté sud jusqu’à la rue Saint-Patrice actuelle. Vers 1650, un curé très actif, Pierre Chrétien, fonda, dans des bâtiments tout à côté, une communauté de prêtres (appelée séminaire), chargée, entre autres, de l’instruction des enfants pauvres. Une partie de l’église était réservée à ses membres. Elle fut dissoute en 1791. En 1854, les Carmélites vinrent s’installer dans une partie de ces anciens bâtiments. L’emplacement abrite à l’heure actuelle une résidence immobilière. À la Révolution, l’église est tout d’abord conservée dans la liste des églises paroissiales de la ville – ce qui lui permettra de s’enrichir de mobilier venant d’établissements religieux supprimés. Fermée en 1793, elle est ensuite occupée par la société des théophilantropes et, en 1802, rendue au culte. Enfin, au XIXe siècle, retour à l’architecture : le portail ouest est complètement réaménagé par l’architecte Eugène Barthélemy.
Encore plus que Saint-Vivien et Saint-Godard, l’église Saint-Patrice est véritablement cernée par les vitraux. Seule l’entrée au-dessus de la tribune d’orgue en est dépourvue.

L’église St-Patrice résulte d’une antique fondation sur le même emplacement. Au Xe siècle, un oratoire initialement à l’extérieur de la ville était déjà dédié au patron de l’Irlande. Les Normands possédèrent longtemps des relations commerciales avec cette contrée, ce qui influença peut-être le choix du vocable.
Détruite en 1228 par un incendie qui dévasta également tout le voisinage, l’église fut entièrement réédifiée. Elle se retrouva bientôt englobée dans la nouvelle enceinte de la ville. En effet, vers le début du XIIIème siècle, la rue St-Patrice suivait le tracé des nouveaux remparts de Rouen situé au niveau de l’actuel boulevard de la Marne. De nos jours, quelques vestiges de ces murailles et des jardins suspendus subsistent aux alentours.
L’église fut de nouveau totalement rebâtie en 1535 dans un style gothique flamboyant.
St-Patrice devint progressivement l’une des paroisses les plus huppées de Rouen et accueillit de nombreux notables. 20Ceux-ci s’installèrent dans de somptueux hôtels particuliers. Il s’agissait surtout de parlementaires car l’Echiquier était devenu permanent au début du XVIe siècle.
St-Patrice fut pillée en 1562 par les Huguenots.
En 1592, son clocher fut percé par des boulets de canon lors du siège de la ville soutenu par les catholiques de la Ligue contre les armées d’Henri IV et ses alliés. En cette année 1592, mourut Martin Hébert, curé de St-Patrice devenu “l’honneur du clergé”. Ce prêtre de choc, armé d’une hallebarde, tua dix-sept ennemis Huguenots avant de mourir l’arme à la main, atteint de trois coups de pique.
Au milieu du XVIIe siècle, Pierre Chrétien, curé de St-Patrice, décida de fonder la communauté de St-Patrice avec onze autres prêtres. Appelée également séminaire de St-Patrice, cette “Société de Prêtres” était installée autour de l’église paroissiale.
Entreprise dès 1648, une importante extension fit ajouter une construction qui constitua la nouvelle façade sud et permit d’élargir considérablement le chevet. La réalisation avait été prévue pour s’aligner le long de la rue St-Patrice et modifia considérablement l’ampleur du monument.
Divisée en trois nefs, voûtées de bois à l’origine, l’église possède une nef centrale et deux nefs latérales. La disposition en triple vaisseau se révèle analogue à celle des églises rouennaises St-Godard et St-Vivien.

 

 

Par Joe Turner sur Facebook

© Daniel Caillet, 2017