Jadis peu fréquentable, la rue Malpalu retrouve progressivement le lustre d’antan de ses vieilles maisons. Un coin typique et incontournable de Rouen avec une suite vers le nord par la rue Damiette. Au passage, une récompense inestimable, l’église St Maclou, jadis hors les murs, un joyau véritable quasiment les pieds dans l’eau. La rue se prolongeait au sud de l’actuelle rue Alsace Lorraine, un côté entièrement détruit par l’incendie du 9 juin 1940. Tout en bas était l’entrée de la chapelle des Augustins, dont il ne reste que quelques fenestrages hébergés dans le square Guillaume Lion. L’origine du nom de la rue, un nom à la fois mystérieux et inquiétant provient de la présence autrefois de mauvais (mals) palus (marais). C’est ici, dans ces « marais de mars » qu’au 11e siècle, les archevêques avaient leurs vergers du « Cul-de-Sac du Haut-Jardin » et que vivait la fameuse gargouille terrassée par St Romain.

Dépaysement garanti.

Au n°17, le très bel hôtel à l’enseigne de « l’île-du-Brésil » montrait en façade des bas-reliefs (aujourd’hui au Musée des Antiquités) représentant des brésiliens nus défrichant la forêt et embarquant sur une caravelle pour le compte de négociants rouennais. Il est vrai qu’en 1550, des habitants de la contrée des Tupinambas, récemment découverte, vinrent à Rouen et donnèrent avec les matelots normands, une fête pour des visiteurs de marque, Henri II et Catherine de Médicis. A côté du n°70, en fond de cour, la maison Renaissance dite du Four Banal » sera démontée pour le percement de la rue Louis Brune vers 1890, pour être remontée dans la dite rue en 1895. Une restitution avec une profusion de sculptures en bois mais peu fidèle et sans oriol. Elle sera incendiée en 1940. Au n°90, c’est l’hôtel du Pélican qui a été démonté pour la création de la rue Alsace Lorraine. Acheté par Eugène Dutuit, il sera transplanté près de l’église St Maclou. Une rue qui a tant à raconter mais devenue beaucoup trop courte.

© Daniel Caillet, 2015