Ruelle rouennaise entre les rue Eau de Robec et des Faulx.

 

Codrille

Peu sont ceux qui peuvent se vanter d’avoir vu un codrille hors de l’oeuf. L’animal serait de la taille d’un merle à celle d’un petit corbeau, avec corps qui change sans cesse de forme. « Que la salamandre couverte par le corbeau conçoit par la gueule son fruict : le Codrille, qu’elle dépose sur un lit de pierres, caché sous l’if, que celui qui en sera propriétaire se verra obéir par tous les oiseaux et serpents de terre et de toutes les eaux dormantes ou salées ». Le dénicheur désireux de se procurer un tel oeuf doit se montrer prudent et silencieux en marchant pour arriver juste avant l’éclosion ; trop tôt l’oeuf est mou et crève dans la main, après l’opération se révèle fort périlleuse. Car si le Codrille croise le regard de l’homme avant que celui-ci ne l’ai vu en premier, il le change pierre.

 

 

Coquatrice 

Animal de la taille d’un petit coq, que l’on pourrait aisément confondre avec le susnommé si son corps restant ne tenait du serpent.
De plus, la coquatrice ne possède qu’une seule patte, peut-être à l’origine de la tradition du coq de clocher, censé conjuré le mauvais oeil.
Car le mauvais oeil, la coquatrice le porte bien :
Son simple regard peut pétrifier de la moindre à la plus forte des créatures.
Sans doute à l’origine d’usage alimentaire et défensif,
ce pouvoir en fait un très bon instrument dissuasif, est prisé par les boutiquiers et autres magasiniers paranoïaques… à leur risques et périls.
Les plus grosses coquatrices sont assez grosses pour servir de monture à un gnome (mais de telles montures sont légendaires…)

 

 

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© Daniel Caillet, 2016