Eustache-Hyacinthe Langlois (1777-1837) gît au Monumental de Rouen.

Surnommé le « Callot normand », Eustache-Hyacinthe Langlois voit le jour à Pont-de-l’Arche (Eure) et meurt à Rouen (Seine-Maritime) en 1837, à l’âge de 60 ans. La Seine-inférieure aura beaucoup profité de ses expertises. Il fut un ardent défenseur du patrimoine et un peintre-graveur-dessinateur talentueux.

Il souhaite faire une carrière artistique

Eustache-Hyacinthe ne fera pas la carrière administrative que son père, conseiller du roi et maître des eaux et forêts envisageait pour lui. La Révolution française chamboulera tout. Tant mieux, le jeune homme aspirait depuis longtemps à une carrière artistique ! Pour autant, il reste anti-révolutionnaire, connaît la prison et l’exil et défend les valeurs chrétiennes : pauvreté, humilité.

À Paris, il rencontre artistes et gens de lettres. Il étudie peinture et dessin avec Lemonnier et Jacques-Louis David. Mais en 1806, il décide de regagner Pont-de-l’Arche, son cher pays natal. Il y fait ses premiers croquis sur des personnages et des sites pittoresques. Son esprit satirique lui inspire des caricatures très prisées du public. Il se fixe à Rouen en 1816, dans l’ancien couvent Sainte-Marie. Il se marie avec Jeanne-Louise-Josephe. Ils auront sept enfants. Deux d’entre eux, l’aînée, Espérance et Polyclès prolongeront les qualités artistiques de leur père, en peinture à la manufacture de Sèvres et en gravure.

Pauvre toute sa vie

Hyacinthe fut pauvre toute sa vie, victime d’une épouse alcoolique et très dépensière. Ses gravures sur bois, ses eaux-fortes et dessins à la mine de plomb (on les estime à un millier) témoignent de sa sensibilité exaltée et de sa puissance imaginative. Il milita contre les mutilations, le vandalisme, le badigeonnage des monuments historiques, héritage de la Révolution. Le voilà archéologue.

On lui doit de nombreux articles et essais, notamment un Essai historique et descriptif sur l’abbaye de Fontenelle et de Saint-Wandrille et sur plusieurs autres monuments des environs en 1827, et une notice sur l’abbaye de Saint-Amand de Rouen en 1834. Il fit rénover l’abbaye de Saint Wandrille et s’engagea dans l’entretien de la cathédrale Notre-Dame de Rouen après l’incendie de la flèche, provoqué par la foudre le 15 septembre 1822.

Gustave Flaubert comme élève

Eustache-Hyacinthe Langlois devint membre de l’Académie de Rouen en 1824. (©DR)

En 1828, il devient professeur à l’École de dessin et de peinture de Rouen avec l’appui de la Duchesse de Berry. Il aura une grande influence sur ses élèves parmi lesquels le jeune Gustave Flaubert. En 1833, il préside la Société libre d’émulation de la Seine-inférieure et en 1837, il est nommé premier directeur du Musée des antiquités. Il présida aussi l’académie de Rouen. Il meurt en 1837. Son tombeau fut élevé par souscription de la Ville de Rouen et de ses amis au cimetière Monumental. Son nom a été donné à des rues, notamment à Rouen, Bihorel et Pont-de-l’Arche….

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© Daniel Caillet, 2017