Juste en face de l’ancienne « Rue du Chapron » (signalétique gravée sur un mur), voici un édifice où l’on a bien du mal à faire le distinguo entre grand et petit patrimoine.

Seule église normande à porter le nom de St Vivien, dont les reliques sont rouennaises depuis 1459, elle est monument historique depuis 1932. En 1358, l’église est entièrement reconstruite dans un quartier de drapiers florissant et elle prend son aspect actuel aux XIVe et XVe siècles avec trois nefs et sans transept. Endommagée en 1560 par les calvinistes, les nefs sont prolongées et une nouvelle est construite plus tard côté sud. Dès 1636, la nef centrale est exhaussée, suite à la construction de maisons de rapport autour de l’église. Le prolongement de la rue Armand Carrel en 1880 dégagera un parvis avant que l’architecte Lucien Lefort, réalise un porche d’entrée surmonté de gargouilles, d’épis de faitage et d’inscriptions historiques explicatives. Un intéressant décor peint a été découvert au XIXe siècle sous la voûte de la nef centrale.

Aujourd’hui, on peut remarquer sur le mur nord de la rue St Vivien, les restes d’une fontaine ainsi qu’un tour pour accueillir les bébés abandonnés. Sur le beffroi, le cadran polychrome de l’horloge du XVIe siècle, aussi ancienne que le Gros Horloge, porte la devise « ultima latet » (la dernière heure est cachée) tandis qu’au sud, un cadran solaire du XVIIe siècle rappelle le cimetière entourant l’église par sa devise « ultima quando ». Restauré en novembre 2010 par l’atelier Legrand, son « style » a été remonté et orienté (Action commune P’tit Pat’ Rouennais, Sciences en Seine, Conseil de quartier et Ville de Rouen). Enfin, derniers éléments plus subtils à appréhender : la grille supérieure de la fenêtre de la sacristie qui est un exemple unique au nord de la Loire d’une « grille à mystère » dont montage et démontage requièrent un ordre scrupuleux et immuable ainsi que deux plaques de nivellement indiquant la hauteur du site.

Photo à la une : St Vivien de la Croix de Pierre.