Découvrez les histoires hors du commun de quatre animaux en Normandie

Un taureau exceptionnel, un prédateur qui terrorisa les habitants d’Evreux, un chien des armées napoléoniennes et une truie condamnée à mort. Revivez ces histoires extraordinaires

Même parmi les animaux figurent des célébrités. Leur histoire peut être tout aussi tragique ou enthousiasmante que celles des hommes. En Normandie, certains animaux ont marqué les esprits comme cette truie condamnée à mort pour avoir blessé un bébé, ou encore ce chien, héros des armées de Napoléon.

Découvrez quatre faits qui ont marqué l’Histoire de la région.

Une truie condamnée à mort à Falaise

Son crime : avoir dévoré en partie un nourrisson. Nous sommes en l’an 1386, du côté de Falaise (Calvados). Après un bref procès — où l’accusée bénéficie d’un défenseur ! – la truie est exécutée devant une foule nombreuse.

Pour l’occasion, on a pris soin de faire appel à un bourreau. L’homme lui coupe le groin et lui taillade la cuisse en imitation des blessures infligées au bébé. Œil pour œil, dent pour dent. Puis l’animal est suspendu à une grande fourche de bois où il se vide de son sang. Détaché, le cadavre est traîné sur la place avant d’être brûlé.

Tout cet horrible supplice se déroule devant l’éleveur, devant le père imprudent du nourrisson et devant une multitude de porcins afin que chacun en tire leçon.

Un taureau à l’origine de la race bovine normande

On pourrait penser que les vaches normandes, reconnaissables à leur robe blanche, marron et noir, foulent depuis toujours notre sol. En réalité, ces symboles vivants de notre région sont le résultat d’un long processus de sélection opéré par un petit groupe d’éleveurs dans la seconde moitié du XIXe siècle.

Parmi les multiples races locales de l’époque, ils se sont consacrés à repérer les spécimens les plus intéressants, mâles et femelles, afin de les accoupler. Le taureau nommé Silencieux naît précisément le 19 août 1898, dans une ferme du département de la Manche. Ce taiseux assumera avec assiduité son travail de reproducteur : il est à l’origine d’une dynastie de bêtes renommées, qui raflera les médailles des concours agricoles nationaux. Lui- même gagna trois ans de suite le Premier prix de Paris.

Moustache, l’héroïque chien de l’armée napoléonienne

Des chiens accompagnaient souvent les armées. Né vraisemblablement dans une ferme de Falaise (Calvados), le chien, nommé, Moustache ne se contenta pas de recevoir les caresses de ses compagnons humains. Ce barbet (une sorte de grand caniche) les suivit sous la mitraille.

L’histoire (la légende ?) retient notamment sa participation héroïque à la glorieuse bataille d’Austerlitz. Alors qu’un porte-drapeau français s’effondre, touché mortellement par les Russes, le courageux chien arrache le drapeau de sa hampe afin qu’il ne tombe pas entre les mains de l’ennemi. L’étoffe dans la gueule, il revient vers les lignes françaises mais une balle lui brise la patte ; l’animal s’écroule. Il est retrouvé deux heures plus tard serrant toujours son précieux trophée entre les dents. Mal en point mais vivant.

Son acte de bravoure est récompensé d’un collier et d’une médaille remise par le général Lannes. Il meurt en service lors du siège espagnol d’Oviedo.

La bête qui terrorisa les habitants d’Évreux

Le Gévaudan a eu sa bête, Évreux (Eure) aussi. Dans les années 1630, ses crimes étaient rapportés par la Gazette de France. Les gens parlaient d’une bête furieuse plus grande qu’un dogue. Elle hantait la forêt d’Évreux et se saisissait des enfants égarés. On racontait même que l’animal avait atteint les faubourgs de la ville et ne craignait pas de s’attaquer à des hommes vigoureux.

On en était arrivé tout de même à une trentaine de morts lorsque le comte de la Suze organisa une chasse d’envergure pour la traquer. 5000 à 6000 hommes participèrent à la battue. Au bout de trois jours, la bête fut débusquée et tuée d’un tir d’arquebuse. Les chasseurs s’approchèrent du cadavre et découvrirent « une sorte de loup, plus roux, la gueule plus pointue et la croupe plus large qu’à l’ordinaire ».

 

Image mise en avant : Le chien Moustache à la bataille d’Austerlitz.

76actu / Laurent Ridel

 

© Daniel Caillet, 2017