A bon entendeur, salut !

Que celui qui comprend bien [ce que je veux dire ou ce que j’ai dit] en tire profit (ou fasse attention) !…

Cette expression qui date du XVIIe siècle est en général une menace, un avertissement plus ou moins voilé.

Qu’est-ce que ce mot ‘entendeur’ ?
Celui qui mange n’est-il pas un mangeur, celui qui marche un marcheur et celui qui râle un râleur ? Eh bien un ‘entendeur’, mot qui n’est plus maintenant employé que dans cette expression, c’est quelqu’un qui entend.
Mais ici, le verbe ‘entendre’ doit être compris comme il était aussi employé autrefois pour signifier ‘comprendre’, comme dans les anciennes locutions « entendre à demi-mot » ou « entendre la plaisanterie ».

Quant au ‘salut’, il ne s’agit pas du tout d’une salutation, mais du fait d’échapper à un danger ou à une souffrance.
Autrement dit, « celui qui a bien compris trouvera son salut ».

Cette expression pourrait être une allusion à la parole de l’Évangile « Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende » (Matthieu, XIII).

Exemple :

« Quand je dis qu’il me l’a avoué… il me l’a plutôt fait savoir. À bon entendeur salut! File doux avec moi, sinon qu’est-ce que tu prendras dans mon journal! »
Jules Romains – Les hommes de bonne volonté

 

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© Daniel Caillet, 2016