Moins spectaculaire que le nettoyage de la Halle aux Toiles ou la remise en état du Monument National des Forains, voilà une petite action patrimoniale qui ne passe pas inaperçue. De quoi s’agit-il ? Tout simplement du nettoyage de la statue en bronze de Boïeldieu, place du Gaillarbois. Elle brille depuis peu comme un sou neuf, comme si le compositeur local avait éprouvé le besoin de redorer son blason. Elle est l’œuvre du sculpteur David d’Angers qui nous a laissé aussi la statue de Pierre Corneille et les groupes sculptés du Commerce et de la Navigation autrefois sur la façade de l’Hôtel des Douanes et actuellement au Musée des Beaux-Arts. Installée lors de son inauguration en 1839 sur le cours qui portait le nom du compositeur, devant l’Hôtel d’Angleterre, la statue de Boïeldieu sera déplacée en 1899 vers la rue Camille St Saëns. Elle échappera plus tard à la condamnation suprême en décembre 1941 puisqu’elle ne sera pas fondue, comme beaucoup d’autres, pour le compte des industries au service de l’occupant qui avaient grand besoin de métal. Plus insolite, à l’arrière de la statue, la référence gravée dans le bronze, au Petit Chaperon rouge… l’une des œuvres du compositeur datée de 1818.