Ne rien faire, se reposer. Dormir

Si vous aimez le bricolage, vous savez ce qu’est un niveau, cet instrument du parfait monteur de murs ou poseur de cloisons qui lui permet de vérifier l’horizontalité ou la verticalité de sa construction.
Cet outil comporte un court cylindre contenant un liquide à l’intérieur duquel une bulle d’air[1]peut librement se balader en inclinant plus ou moins le niveau. L’outil ayant une surface plane, celle-ci est posée sur la surface dont on doit vérifier la bonne disposition. Lorsque la bulle baladeuse reste bien calée entre deux repères gravés sur le cylindre, cela indique alors une absence d’inclinaison du niveau donc du plan sur lequel il est posé.
Et c’est une telle bulle que nous allons coincer.

Cette expression nous vient au milieu du XXème siècle de l’Ecole militaire de Saint-Cyr.
En effet, dans un mortier d’artillerie (le genre d’engin qui sert bien aux militaires), il existait une plaque qui, pour que l’engin soit opérationnel, devait être parfaitement horizontale, ce qui se vérifiait à l’aide du niveau intégré. Lorsque la bulle de ce niveau était « coincée » entre ses deux repères, l’engin était prêt à être utilisé.

Certes, mais quel rapport avec le repos, me direz-vous ?
Eh bien, il est double !
D’abord, l’horizontalité de la plaque évoque celle du dormeur ou de la personne qui se repose, dans la position du guetteur d’avions.
Ensuite, une fois le mortier en place, son servant n’a plus qu’à attendre l’ordre de l’utiliser, ce qui peut durer longtemps. Et entre temps, que fait-il, sinon simplement se reposer ?

[1] Je précise « d’air » parce que certains plaisantins pourraient imaginer qu’il s’agit d’une bulle du pape. Mais le pape ne coince pas ses bulles, il les produit. Le savon aussi, d’ailleurs.

« Cette nuit, le mécano, Louis et moi, nous n’avons pas fermé l’oeil pendant que vous, vous étiez en train de coincer la bulle. Je sais très bien ce que vous manigancez, mais je vous le répète, de gré ou de force, vous irez au Tibesti. »
Raymond Thiry – Ma mission au Tibesti à bord du D.C.4 – 1977

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Armada de Rouen 2013.