En travaux depuis le printemps 2015, la chapelle romane sera peut-être l’unique élément sauvegardé du domaine de Saint-Paul en cas de destruction ou au mieux de réhabilitation privée de sa grande soeur du XIX e siècle.

Pour le moment, il s’agit seulement de rendre leur stabilité aux pans dont les joints commençaient à s’écarter. Quant à une restauration complète du monument, il faudra attendre des financements aléatoires.

 

 

Petite histoire d’un monument d’exception.

Eglise du prieuré de dames de l’abbaye de Montivilliers, cet édifice roman a été édifié à la fin du XI e siècle.

La voûte du chœur pourrait dater de l’époque de la construction et serait ainsi l’une des plus anciennes voûtes sur croisée d’ogives. Mais elle peut aussi dater du début du XII e siècle… Son chevet en abside est cantonné de deux chapelles et les voûtes sont en cul-de-four.

Conséquence des sièges subis, l’édifice est en ruine au début du XV e siècle. Il renait en 1438 mais est à nouveau ruiné en 1562 par les Huguenots. En 1618, trois travées en bois supplémentaires sont construites.

Une grille isolant les sœurs et les fidèles permettait de l’utiliser aussi comme église paroissiale.

Mais l’exploitation à partir de 1650 d’une source d’eau minérale dans les jardins entraine la fin de l’utilisation religieuse ; Le domaine est alors loué même si l’église reste paroissiale sous le patronage de Montivilliers. Devenue simple « succursale » en 1791, elle doit fermer en 1793 avant d’être rendue au culte en 1802. Mais trop exigu après la démolition de la nef en 1830, le chevet roman devient sacristie de la nouvelle église construite à côté dans un style dit « de transition ». Maillet du Boullay en est l’architecte.

 

 

 

Tombe de Maillet du Boullay au cimetière monumental de Rouen.

 

© Daniel Caillet, 2015