Après un chantier de 3 années, cette ancienne chapelle du collège des Jésuites, classée Monument Historique en 1910, deviendra auditorium régional en 2008.

La première pierre de cette chapelle atypique (puisque d’implantation nord – sud et donc sans chœur orienté à l’est), fut posée en 1615. Elle est restée inachevée par suite de moyens financiers insuffisants et d’un terrain instable. Deux grandes chapelles latérales devaient en effet être ajoutées et cela a empêché que cet édifice jésuite parmi les plus vastes de l’hexagone, ne devienne le plus grand. L’ordre religieux fondé par Ignace de Loyola et supprimé en 1762, aura marqué son époque, et malgré la disparition de l’orgue, des tableaux et d’un autel, il a laissé à Rouen ce monument remarquable par ses décors intérieurs exubérants.

Un avenir prometteur se dessine pour cette salle immense qui a déjà commencé une nouvelle vie depuis sa réouverture au public en 2000 avec des concerts de qualité très appréciés par les mélomanes rouennais.

Et dire qu’elle aurait fort bien pu disparaitre à la fin du 19e siècle tant son délabrement était avancé. Mais l’opinion hostile à cette dernière extrémité et la pugnacité des Sociétés Savantes ont eu raison des démolisseurs.

La restauration de la couverture de la nef et des transepts en 1959, le renforcement des fondations en 1970 et enfin en 1993, la restauration de la façade principale néo-classique du 18e siècle, lui ont redonné une fort belle allure. La dernière tranche de travaux quasiment terminée consistait à restaurer les voûtes hautes, à installer un chauffage par le sol et à poser une clôture provisoire des vitraux. Epineux problème que ces vitraux, à Rouen comme ailleurs, lesquels subissent une dégradation lente et inexorable due à la pollution. Et immense chantier pour la France qui réunit plus de vitraux que tout le reste de l’Europe.

Au final, une opération exemplaire pour un site qu’on fréquenté autrefois Pierre Corneille, Gustave Flaubert, Guy de Maupassant, Maurice Leblanc, André Maurois et Alain.