Là-haut sur la colline, un quartier pas ordinaire alliant les attraits de la ville et ceux de la campagne. Que pourra y découvrir un promeneur attentif ?

Deux sites naturels remarquables, celui de Repainville tout d’ abord, lieu de dépaysement garanti sur l’emplacement d’anciens maraîchages. C’est aujourd’hui une zone réhabilitée ou cohabitent jardins familiaux, mares, jardin pédagogique et un espace dévolu aux cultures maraîchères. Le dénominateur commun est évident.

C’est aussi et surtout, la côte Sainte-Catherine (essentiellement sur la commune de Bonsecours), exceptionnelle pour son panorama, sa flore méditerranéenne rare et sauvage et son troupeau de moutons à la belle saison. Classée depuis peu, on accède à son sommet par un escalier de 525 marches. Les sportifs apprécieront.

Les vieilles pierres toujours présentes sous la végétation y sont nombreuses : fondations du Prieuré Saint Michel fondé au Xe siècle, et celles de l’Abbaye Trinité du Mont (qui deviendra plus tard Sainte-Catherine), édifiée en 1030 et détruite en 1597 lors du siège de Rouen pendant les guerres de religion ; vestiges de l’ancien et du nouveau fort qui frémissaient pendant les compétitions de moto-cross organisées dans les années 50 ; et enfin, la base circulaire du poste de DCA utilisé lors de la dernière guerre. Très récemment, on vient de réinstaller l’ancien calvaire, emblématique du site, sur un nouveau socle.

Les édifices de briques foisonnent eux aussi dans ce quartier attachant et chacun a une histoire à nous conter :

  • L’ancienne filature Leveillé, route de Lyons la Forêt, bâtie dans la première partie du XIXe siècle, devenue caserne Trupel en 1889 puis garage municipal de 1963 à 2001.
  • L’école Jules Ferry construite en 1935 illustre parfaitement l’architecture scolaire de cette époque.
  • Rue Annie de Pène, les logements des cheminots de la gare Martainville disparue présentent eux, une unité symbolique de la charnière fin XIXe – début XXe siècle.
  • La maison occupée autrefois par la brasserie Gruber, route de Lyons la Forêt.

Au détour des rues pittoresques et des sentes abruptes, le visiteur curieux découvrira aussi :

  •  Derrière les immeubles de la Chasse, quelques ruines d’un manoir du XVIIe siècle appelé jadis hôpital de la Madeleine.
  • Dans une propriété privée de la rue de Repainville, les écuries, avec mangeoires et rateliers, d’une entreprise qui fournissait des mules pour le transport sur chariots des tonneaux destinés au port de Rouen.
  • Au croisement des rues du Mont Gargan et Annie de Pène, semblant monter la garde, un curieux petit pavillon en bois au charme désuet. C’était un ancien salon de coiffure.
  • Au cimetière, quelques tombes ne manqueront pas de susciter l’émotion ou le simple souvenir, comme celles des parents de l’actrice Annie Duperey, du peintre Léonard Bordes ou du journaliste Maurice Morisset. D’autres nous interrogerons davantage, comme celle d’un certain Eugène… Hittler.

Et en redescendant vers la ville toute proche, une halte s’imposera derrière l’église Saint-Paul due à l’architecte Barthélemy, pour admirer les vestiges de la première église romane, vestiges si rares à Rouen, si l’on excepte les cryptes de la Cathédrale et de l’église Saint Gervais. Un peu plus bas encore, presque en bordure du fleuve, la dernière photo sera celle d’une construction du XVIIIe siècle superbement restauré récemment. C’était l’ancien établissement thermal, qui rivalisait en son temps avec celui de Forges les Eaux.

 

Texte d’un ancien adhérent de l’association P’tit Pat’ Rouennais disparue.

© Daniel Caillet, 2015