Marcel Duchamp, l’artiste éternel aux 4 facettes est (était) le seul à pouvoir s’enorgueillir d’avoir 4 plaques de rue au texte différent sur l’esplanade du Musée des Beaux-Arts.

Cet « ingénieur du temps perdu » qui revendiquait le droit à la paresse, a traversé tous les styles (cubisme, futurisme, dadaïsme, surréalisme…) en s’excluant lui-même de tout courant. Il était « anartiste », superbe néologisme pour qualifier une personnalité hors du commun qui fut aussi « marchand de sel » et « joueur d’échecs » avec son ami photographe Man Ray. Il avait dit un jour « Je me suis forcé à me contredire pour éviter de me conformer à mon propre goût ». Personnage complexe donc.

Par contre, pas complexé et à côté de la plaque, l’individu sans scrupules qui en 2011 a « emprunté »  la plaque « anartiste ». Navrant !

Cette disparition semble ne pas indisposer les responsables rouennais qui se vantent pourtant d’une mise à jour-rénovation de la signalétique de la ville. Une action décidément bien poussive, pour respecter le « droit à la paresse » de Duchamp, peut-être !