mardi 14
02 | 2012

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A bâtons rompus avec Francine, ou le quotidien du patrimoine sous toutes ses formes.


Demandez la note !

A l'époque de Guido d'Arezzo (moine bénédictin italien, né en 992 et mort en 1050, célèbre pour sa contribution à la pédagogie musicale, notamment à l'élaboration d'un système de notation sur portée) la gamme n'avait que six notes : UT RE MI FA SOL LA. Le SI n'apparaitra que beaucoup plus tard dans la gamme, à la fin du 16e siècle, introduit par le moine français Anselme de Flandres, quand il a été décidé que le SI de référence (celui de la gamme) serait le SI naturel et non pas le SI bémol. Ceci dit, la note SI n'a évidemment pas attendu la fin de ce débat pour être utilisé dans les compositions.

L' UT est la seule note qui changera de nom, il deviendra le DO, en raison de la difficulté à le prononcer. Il est en effet plus commode de chanter le DO avec la syllabe après la consonne, plutôt que l'inverse avec l'UT. Ce changement sera effectué pour la première fois par Bononcini en 1673.


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Se faire blackbouler

Voici une expression sans doute en relation avec la franc-maçonnerie et qui vient de l'anglais black ("noir"), et de boule. Lors de l'initiation d'un profane franc-maçon, les frères (ou les sœurs dans certains cas) votent pour ou contre son admission en maçonnerie, à l'aide de boules blanches (pour) et noires (contre). Il faut au profane plus de boules blanches que de boules noires pour être accepté, une boule noire valant souvent plusieurs boules blanches. Se faire "blackbouler", c'est obtenir plus de boules noires que de boules blanches, plus de votes contre que de votes pour, et donc, se voire refuser l'entrée en franc-maçonnerie.

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Ça fait des lustres

Visitant la Galerie des Glaces du château de Versailles, en regardant au plafond pour voir comment elle est éclairée, vous vous dites obligatoirement : "Ça en fait des lustres !".

Mais il ne faut pas être une lumière pour croire qu'on parle ici de ces lustres-là. Que nenni !

Il ne s'agit pas non plus de ce lustre, également brillant, dont on parle pour une surface de métal bien polie, la robe d'un cheval ou l'aura d'une personne. Que nenni derechef !

Simplement, le lustre était jadis une unité de temps, plus ou moins précise, selon son emploi.

Au XVIIe siècle, un lustre, employé au singulier, est une période de cinq ans.

Cette durée viendrait de l'antiquité romaine où un lustre désignait soit un sacrifice expiatoire qui avait lieu tous les cinq ans au moment du recensement, soit le recensement lui-même.

Par contre, au pluriel, "des lustres" désigne une période de temps longue et indéterminée. Et c'est bien la signification que l'on retrouve dans cette expression.

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Veillée d’armes

L’expression toute faite, banale, circule beaucoup et fait penser au Moyen Age. En effet, on raconte que les jeunes gens nobles, de bonne naissance, pouvaient devenir chevaliers après un apprentissage des armes et de la morale.

C’était une cérémonie importante que d’être fait chevalier, d’être adoubé chevalier, comme on disait. Et il fallait s’y préparer. La veille, le jeune homme devait passer toute la nuit en prières, avant le grand jour. On appelait cela "la veillée d’armes", puisque la veillée, ou la veille, est une nuit ou une soirée passée sans s’endormir.

Aujourd’hui, on parle de "veillée d’armes" pour la veille d’un jour important, auquel on peut se préparer. On peut aussi faire le point sur soi, ce qu’on est, ce qu’on veut. L’expression a souvent été employée pour la veille d’une bataille, que ce soit un combat au sens propre, ou une bataille figurée.


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"Avoir un appétit d'oiseau / Manger comme un moineau"

Cette expression qui date du milieu du XVIIIe siècle, signifie "manger très peu".

Sa compréhension parait évidente car la femelle "piaf" ne mange qu'une toute petite quantité de nourriture quotidienne en comparaison de ce qu'avale l'homme… du moins dans une région où la famine ne sévit pas. Partant de là, il est facile d'imaginer qu'un homme (ou une femme, pourquoi pas ?) qui consomme une aussi petite quantité mange vraiment très peu.

D’où la naissance de l'expression. Mais c’est une grossière erreur anthropomorphique.

En effet, c'est oublier la différence entre le volatile et l'humain, car par rapport à leur taille, les moineaux sont beaucoup plus voraces que les bipèdes que nous sommes.

Cette expression n'aurait donc jamais dû naître si l'homme n'avait pas pour fâcheuse habitude de se représenter trop de choses comme comparables à la réalité humaine.

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"Avoir le compas dans l'œil"

Une pointe de compas fichée dans l'œil, c’est surement très douloureux, non ? A vue d'œil, bien plus qu’en se mettant le doigt dans l'œil. Même si on a pu avoir le compas à l'œil, il y a de quoi tourner de l'œil. Et puis cela pose des problèmes pour faire de l'œil à une personne de sexe opposé qu'on a à l'œil depuis qu'on a compris lui avoir tapé dans l'œil.

Mais ne perdons pas notre sujet de l'œil !

Qu'est-ce qu'un compas ? Un marin ou un aviateur répondra qu’il est sa boussole lui permettant de ne pas perdre le nord magnétique tandis qu’un écolier dira que son compas permet de tracer des cercles bien ronds ou de mesurer des angles.

Dans les deux cas, le compas est synonyme de précision.

"Avoir le compas dans l'œil", ce n'est donc pas avoir été blessé par un petit camarade irascible et vindicatif, mais posséder un œil capable de remplacer un instrument de mesure. Pour un marin, c'est aussi pouvoir estimer le bon cap sans instrument.

Cette expression semble apparaître pour la première fois au 18e siècle dans les Mémoires de Saint-Simon, lorsqu'il parle de Louis XIV.

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P’tit Pat’ linguistique : histoire de "Q"

[Plusieurs légendes circulent sur l'origine du mot "coquille" en typographie. La coquille Saint-Jacques, symbole des pélerins, était l'emblème de nombreux imprimeurs. On a pu y voir un symbole de rachat, de purification, donc de correction après une faute. En même temps, le mauvais côté des coureurs de routes, qui avait fait nommer Coquillards des gens promis au gibet, suggérait directement la faute. Les imprimeurs lyonnais s'appelaient eux-mêmes Suppôts du Seigneur de la Coquille, la coquille étant souvent une joyeuse farce. Selon l'une de ces légendes, suite à une délibération sur le calibrage des œufs de poule à l'Assemblée nationale, le Journal officiel publia le texte avec une erreur typographique : la lettre "q" fut omise dans le mot "coquille", prenant alors la forme "couille", qui désigne vulgairement un testicule. Le 26 mars 1955, Boris Vian a écrit une de ses lettres au collège de Pataphysique sur le sujet ; il s'agit d'un autoréférent, un typographe ayant un jour oublié le "q"... Dans les deux cas, "couille" aussi bien que "coquille" sont restés pour parler d'une bourde, d'une erreur, même si le second est considéré comme plus convenable.]


A la sauce normande

Saurez-vous traduire... en français ?

"Faudrait qu'on fasse un peu de ménage... va falloir passer la toile. Ah bin dame oui ! On peut faire ça demain tantôt. Pi on va aller guincher avec les amis ce wikand ! Crénondidiou, v'la-t-y pas qu'on a plus d'jus. Où as-tu rangé la pile ? Mais pigne pas voyons ! Ca va revenir ! On sait toujours se dépatouiller de toute façon."


La Champmeslé

Madame de Sévigné disait : "C'est la plus merveilleuse comédienne que j'ai jamais vue!"

Marie Desmares dite La Champmeslé est née à Rouen 18 février 1642. Petite-fille d'un président du Parlement de Normandie, elle devint comédienne au théâtre de Rouen, joua avec Charles Chevillet (dont le nom de scène était "Champmeslé"), l'épousa, et devint donc "La Champmeslé". Le couple jouera ensuite à Paris.

Elle rencontrera un jeune auteur, Racine, avec lequel elle vivra une grande passion, et elle deviendra une grande tragédienne, interprétant les rôles de Bérénice, Roxane, Monime, Iphigénie, Phèdre, Ariane et Médée.

Elle décèdera à Auteuil le 15 mai 1698.


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Roses anciennes de Normandie

On redécouvre aujourd'hui les roses anciennes, particulièrement pour la diversité de leurs parfums, leur port souple, la richesse de leurs coloris. Il est bien reconnu que ces roses sont pour la plupart d'origine française, mais la contribution de la Normandie est méconnue. Sait-on, que du début du XIXe siècle jusqu'au premier quart du XXe siècle, plus de 60 obtenteurs Normands ont créé près de 700 roses ? Ces roses de jardins ont été obtenues par de grands rosiéristes professionnels, principalement dans les régions de Caen et de Rouen, mais aussi par un grand nombre d'amateurs, toutes classes sociales confondues, de toute la Normandie. J'ai pu, à ce jour, en retrouver 70. Elles sont regroupées dans la roseraie "Roses de Normandie", en vue de les conserver et de faire redécouvrir cet aspect remarquable, oublié et menacé, du patrimoine horticole Normand. Ses dimensions sont aussi culturelles et économiques : vers 1830 on produisait à Rouen près de 2000 variétés différentes de roses ! Rouen était aussi, à cette époque, la plaque tournante pour l'exportation des roses vers l'Angleterre.

Daniel LEMONNIER rosesdenormandie76@orange.fr


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Pourquoi le chrysanthème est-il la fleur de la Toussaint ?

Etymologie grecque : khrusos signifiant or et anthos, fleur, d’où "fleur en or".

Anciennement, on allumait une bougie sur la tombe des défunts, puis au milieu du 19ème siècle, les fleurs ont remplacé les bougies.

Le chrysanthème a été introduit en France en 1789, rapporté d’Extrême-Orient. Sa floraison n’intervient jamais avant l’équinoxe du 21 septembre et il fleurit uniquement lorsque les jours sont plus courts que les nuits.

Au Japon comme en Chine, il est associé à la Plénitude et l’Immortalité. Ses pétales rayonnants représentent le symbole solaire de la maison impériale japonaise. Jaune et blanc, il symbolise dans les églises la plénitude de la vie des Saints dans l’éternité. Pourpre, mauve ou mordoré, il traduit dans les cimetières la mélancolie de la mort.

Les premiers ancêtres des variétés cultivées actuellement étaient jaunes, ensuite vinrent sur les marchés les chrysanthèmes violets. On peut remarquer que la liturgie de la Toussaint met en exergue le jaune, présent avec les garnitures dorées pour les ornements du 1er novembre. Le violet trouvant sa couleur de deuil le 2 novembre.

Vous pouvez offrir à vos chrysanthèmes une vie après la mort : une fois les fleurs fanées, rabattez les tiges, et protégez-les soit sous châssis, soit emballées dans du papier à bulle avant de les enterrer, car ils craignent le froid. La température doit avoisiner les 5°C. En fin d’hiver, les jeunes pousses vont commencer à apparaître. Dès qu’elles auront atteint les 5 cm, divisez-les en brisant la motte en plusieurs parties. Plantez alors vos boutures en pot dans un mélange moitié de terre – terreau et remettez les à l’abri, dans un endroit ensoleillé et hors gel.

La forme définitive de votre chrysanthème sera ensuite déterminée par votre façon de le pincer, ce qui se fait entre mars et juillet.

Pour parvenir à un chrysanthème multiflore, il vous faut pincer les boutons centraux au fur et à mesure qu’ils apparaissent. Ainsi, à force, ils seront plus nombreux.

Si vous préférez un chrysanthème à plusieurs grosses têtes, pincez-en une première pour déterminer le nombre final de tiges. Ensuite, supprimez systématiquement tous les boutons latéraux pour ne favoriser que celui de l’extrémité de la couronne.

Quelques chiffres : En 2000, 8.8 millions de Français ont acheté 26 millions de pots de chrysanthèmes pour un montant total de 1 154 millions de francs dont 24.6 millions de pots pour la Toussaint représentant 1098 millions de francs. Le chrysanthème en pot est la plante fleurie la plus achetée : elle représente 32 % des volumes et 31.5 % des sommes dépensées en plantes fleuries.


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"Etre fleur bleue"

Être sentimental et par extension, être naïf, cette expression contient un adjectif composé qui est extrait d'une locution parfois encore employée "cultiver, aimer... la petite fleur bleue".

Dans le langage des fleurs, le bleu pâle exprime une tendresse inavouée, discrète et idéale.

Il faut remonter à 1811 et à une oeuvre du jeune écrivain allemand Novalis mort à 29 ans, qui était en réalité le baron Friedrich von Hardenberg, pour trouver l'origine de cette expression. Dans son roman inachevé "Henri d'Ofterdingen" il évoque la légende d'un trouvère médiéval qui, parti à la recherche d'un idéal, découvre la fleur bleue symbole de la poésie. Les Allemands parlent d'ailleurs de "die blaue Blume der Romantik" ou "la fleur bleue du romantique", mais en traversant le Rhin, la fleur bleue a un peu changé de sens, puisque de la poésie, elle a été associée à une sentimentalité mêlée de naïveté.

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"Mi-figue, mi-raisin"

D'un air à la fois satisfait et mécontent, ou à la fois sérieux et en plaisantant. Voilà une expression qui remonte à loin et qui a subi de nombreuses variations de sens.

Au XIVe siècle, les figues et les raisins étaient les fruits secs préférés au moment du carême, ce qui explique leur apparition et leur rapprochement dans une locution. Mais cela n'explique pas pourquoi les deux fruits y sont opposés.

Au XVe siècle, l'expression, avec "moitié" au lieu de "mi", voulait dire soit "mêlé de bon et de mauvais", soit "tant bien que mal".

Au XVIe siècle, elle contenait aussi une notion de réciprocité, lors d'un partage de tâches pour arriver à une oeuvre commune, l'un s'occupant de la figue, l'autre du raisin.

C'est au XVIIe siècle qu'elle prend le sens utilisé encore aujourd'hui en y ajoutant aussi la signification "moitié forcé, moitié consentant".

L'apparition du "mi" au lieu de "moitié" est plus récente et daterait du XVIIIe siècle.

Pendant un moment, vers le XVIe siècle, il a pu aussi y avoir opposition entre le raisin savoureux et sucré et la figue, qui avait le sens de crotte ou fiente, comme l'atteste un proverbe de l'époque : "Figue de chat et marc d'argent serait tout un au jugement", ou "figue de chat" est aussi remplacée par "fiente de chien".

Il existe une explication actuellement réfutée de l'origine de la locution (elle est sans preuves écrites et supposée imaginée a posteriori) : elle serait liée aux corinthiens qui, de temps en temps, lorsqu'ils livraient des raisins à Venise, y mélangeaient "par inadvertance" des figues, moins chères et plus lourdes, histoire de gruger un peu leurs clients.

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Une métaphore en chocolat

Jeanne d'Arc aurait pleuré sur le bûcher, non pas de désarroi, mais de désespoir de n'avoir pu mener à bien sa mission.

Le célèbre chocolatier Auzou à Rouen a créé des chocolats qu'il a en effet appelé "Les larmes de Jeanne d'Arc". Ce sont des amandes grillées, caramélisées, enrobées de chocolat noir puis roulées dans du cacao.


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Le Sucre de pommes de Rouen par Georges Dubosc

[La réputation du sucre de pommes de Rouen est pourtant fort ancienne et remonte presque au temps des entrées des rois et des souverains, auxquels les échevins rouennais offraient des "repas de confitures" et des sucreries, comme ces "chariots en sucre" qui tentaient si vivement la gourmandise de Louis XIII enfant, à son entrée à Rouen. La coutume de présenter des sucres de pommes aux souverains dura longtemps, puisqu’on voit l’impératrice Marie-Louise, lors de son séjour à Rouen en 1813, recevoir un assortiment de sucres de pommes, acheté chez Dubuc. La célébrité du sucre de pommes de Rouen est même rappelée par Gustave Flaubert, dans sa fameuse Lettre au conseil municipal. A propos d’une pièce de son ami Louis Bouilhet, Le Charivari, écrit-il, "publia une caricature ou Hélène Peyron recevait les hommages des Rouennais lui apportant des sucres de pommes". C’est vraisemblablement l’abondance du sucre à Rouen, où s’étaient installées des raffineries soutenues par Colbert, qui furent pendant un moment au nombre de sept, que la confiserie prit vraisemblablement naissance dans notre ville.]

Texte établi sur l'exemplaire de la médiathèque des Chroniques du Journal de Rouen du dimanche 16 août 1925. Orthographe et graphie conservées.

Georges Dubosc dit Myop (17/8/1854-18/6/1927), peintre et journaliste, fut entre autres rédacteur à la Chronique de Rouen.


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Locutions

"Aller à Rouen" : signifie être sifflé en jargon de comédiens car le public rouennais avait la réputation d’être redoutablement exigeant.

"Boire à tire-la-Rigault" : l'évêque Odo Rigault (orthographe incertaine) avait fait fondre une énorme cloche qui fut placée dans la tour Saint-Romain de la cathédrale de Rouen. On donnait à boire à volonté aux hommes qui faisaient sonner cette cloche, d'où l'expression toujours usitée "boire à tire-la-Rigault".


Citations

"Amis ! C'est donc Rouen, la ville aux vieilles rues,
Aux vieilles tours, débris des races disparues
La ville aux cent clochers carillonnant dans l'air
Le Rouen des châteaux, des hôtels, des bastilles
Dont le front hérissé de flèches et d'aiguilles
Déchire incessamment les brumes de la mer"

Victor Hugo, Les Feuilles d'automne.


Recette normande de Cidria

Pour 4 personnes

1 bouteille de cidre - 1 orange - 1 poire - 1 pomme - 3 tranches d'ananas - 60 g de sucre semoule - 1 trait de sirop de cassis et 1 jus de citron.

Mettre le cidre dans un grand saladier et y ajouter le sucre.
Faire fondre à froid en remuant à la spatule.
Ajouter le sirop de cassis et le jus de citron.
Ajouter l'ananas en petits cubes, l'orange avec sa peau en fines rondelles, poire et pomme pelées, épépinées, en fines tranches.
Amalgamer le tout dans le saladier et mettre au frais à macérer pendant au minimum 4 heures.

On peut remplacer tous les fruits par une boîte de macédoine de fruits au sirop.

A déguster très frais.


Au retour du 112

Vieille enseigne à l’angle des rues Eaux de Robec et Edouard Adam


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A l’origine, le "112" était situé avenue du Mont Riboudet, où se trouvait la caisse des congés payés des dockers. Le "retour du 112" est donc par extension un clin d' œil du propriétaire du bistrot, en rapport avec la fréquentation de son établissement, par certains dockers qui s'y autorisaient une "halte" après avoir touché leur petit pécule (paie, vacances ou indemnités). Il y avait aussi "chez la négresse" face au village noir (rive gauche, quai BRQ) qui fit penser à certains que le site charbonnier avait donné son titre "officieux" (car le nom du bistrot n'était pas celui-ci), alors qu'il était simplement dû au fait qu'une antillaise à forte personnalité y était serveuse depuis plusieurs années (les dockers sont pragmatiques !) et il fallait voir mon pote Féfé (martiniquais) nous inviter à prendre un coup chez la "négouesse" (le bon temps) et tailler une bavette en créole avec sa "payse". Autre clin d' œil, et pas des moindres : "On est mieux ici qu'en face" servant de devise, il y a quelques années, à un petit troquet dans une rue de Petit-Quevilly, juste derrière le mur d'enceinte de la prison Bonne Nouvelle... Ah, ces bistrotiers, de vrais poètes.

(Commentaire remanié de Claude Carron sur une photo de Daniel parue sur le Blog de Rouen Photo et Vidéo)


A brûle pourpoint


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Au Moyen-Age, le pourpoint était, la partie de l'habillement masculin couvrant le torse (du cou jusqu'au dessous de la ceinture, avec ou sans manches). Rembourré et piqué, il servait d’ "interface" sous les armures, et remplaça la côte de maille au 15 e siècle.

"Tirer à brûle pourpoint" signifiait à l'origine "tirer à bout portant", si près de sa victime que son vêtement s’enflammait avec la poudre.

Tirer à proximité implique naturellement un effet de surprise, d’où l'emploi actuel de cette expression pour désigner une action menée de façon impromptue et sans qu’on ait eu le temps de s'y préparer.

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La complainte du Robec (air : Je rêve au fil de l’eau)

Chanson de Jane GRINGOIRE

J’suis née rue Eau-d’Robec
Et j’ai grandi avec
Les autr’s goss’s au bord de la rivière.
En savt’s et pieds nus,
Sal’s et à demi-nus,
On barbottait des journées entières !
On apercevait dans l’eau,
Chaque jour du nouveau :
D’la vaissell’ en morceaux,
Des chats crevés, des vieux brocs
Et puis au fil de l’eau,
On lançait des bateaux
Qu’on faisait avec des bouts d’journaux.

D’en haut, les gens vidaient leurs seaux
De toilettes,
Çà faisait des jets d’eau, c’était chouette !
Et si çà sentait pas la violette,
On s’bouchait l’nez viv’ment,
En riant !

En r’gardant l’fil de l’eau,
De ma f’nêtr, tout en haut’,
Je m’figurait qu’j’étais… à Venise !
Les vieilles boîtes en fer blanc
S’en allaient, doucement,
Emportées au souffle de la brise...
Mais les autr’s quartiers de Rouen
Etaient jaloux sur’ment,
On à mis mon ruisseau,
Sous terre, dans un tuyau !
Ma pauv’rue Eau-d’Robec,
A présent qu’t’es à sec,
T’es dev’nue une rue comme
Toutes les rues.
Çà s’ra peut’être plus sain
Mais on perd, c’est certain,
Le plus grand
Des agréments
"D’à Rouen" !


Nelly


Ficelé comme un as de pique


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L’expression qui évoque un escogriffe mal fagoté, doit son sens à l’argot du 19e siècle. A l’époque en effet, l’as de pique devient, par analogie de forme, synonyme de croupion de volaille. Un as de pique ressemblerait donc à une volaille plumée et ficelée !


Le célèbre croissant français est… autrichien !


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C’est grâce aux boulangers viennois qu’en 1683, les troupes autrichiennes ont pu repousser l’assaut des Turcs contre leur capitale. Les mitrons qui travaillaient la nuit avaient pu donner l’alerte. En récompense, leur roi les a autorisés à fabriquer des "viennoiseries" en forme de croissant, l’emblème des Turcs.


Le muguet est appelé aussi "lis de mai".

Qui ne connait pas la fleur aux clochettes blanches ? Répandue dans toute l’Europe, en Amérique du nord et en Asie du nord-ouest, la légende veut qu’Apollon en ait tapissé le Mont Parnasse pour que les muses ne se blessent pas les pieds. Plantée dans les jardins au Moyen-Age, elle était déjà considérée comme une fleur porte-bonheur, mais si le roi Charles IX au XVIe siècle avait coutume de l’offrir le 1er Mai, ce n’est qu’au début du XXe que le muguet fut définitivement associé à cette date. En 1936, les premiers brins furent vendus à l’occasion de la fête du Travail.


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Belle fleur mais vénéneuse !

Malgré des airs délicats, le muguet est une plante très toxique. Toutes ses parties contiennent des substances qui provoquent des troubles digestifs et qui ont sur le cœur des effets semblables à ceux de la digitaline. Un double conseil : lavez-vous les mains après l’avoir touché et ne le laissez pas à proximité des enfants.


Il fait froid ! Nous portons nos chandails...

Le mot "chandail" vient de marchand d’ail. A la fin du XIXe siècle, ce colporteur, vêtu d’un gros tricot sur lequel il accrochait ses têtes d’ail, s’annonçait dès l’aube en criant son activité. Mais dans le bruit ambiant on n’entendait que "chand d’ail". Son tricot trouva ainsi son nouveau nom !


Et pourtant, nous nous enrhumons, nous éternuons...
Pourquoi dit-on "A vos souhaits" ?


Dans l’Antiquité, les Grecs s’imaginaient que l’éternuement, par sa violence, pouvait chasser l’âme du corps ! Terrorisés par cette idée, ils s’empressaient de bénir tout ce qui s’échappait du nez de leur voisin. La coutume semble nous être restée !


En cas de refroidissement, connaissez-vous le Flip ? Bein d’che’nous !

Mélanger 2/3 de cidre bouillant avec 1/3 d’eau de vie de pomme, sucrez fortement au miel et buvez très chaud. C’est radical !


Etre sur son 31

On ne connaît pas l’origine exacte de cette expression. Toutefois, plusieurs hypothèses ont été émises. La première concernerait la Prusse. Il s’agirait du 31 du mois, qui n’arrive que 7 fois par an, date à laquelle les troupiers recevraient un supplément pour terminer le mois. On aurait alors organisé à cette occasion tous les 31 du mois une visite des casernes, où les soldats devaient nettoyer de fond en comble leur paquetage pour avoir l’air les plus beaux possibles. La seconde explication se base sur l’ancienne forme "se mettre sur" pour "mettre sur soi", "s’habiller". Le chiffre 31 serait tout simplement une déformation de "trentain" qui désignait un drap très luxueux.

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