Avant de s’installer rue Beauvoisine, c’est dans la discrète rue de l’Ecole à Rouen que Gérard Sambot avait installé son atelier. Ce luthier, spécialiste dans la fabrication et la réparation des instruments à cordes nous invite, dans une ambiance musicale, à découvrir un artisanat vieux de près de six siècles.

Le métier de luthier apparaît en France à la fin du XVIe siècle. Importée d’Italie par les ducs de Lorraine, la lutherie va connaître son essor et son apogée tout au long des XVIIe et XVIIIe siècles grâce à l’engouement des aristocrates pour les concerts. Durant cette période, les luthiers réparent et restaurent les instruments de musique à cordes pincées ou frottées comme les luths, violons, violoncelles. Au XIXe siècle, la profession décline et il ne reste aujourd’hui que quelques artisans qui perpétuent ce savoir-faire.

Issu d’une famille d’ébénistes, Gérard Sambot travaille rapidement le bois. Sa passion pour la musique et plus particulièrement pour le jazz vont naturellement le mener à faire un apprentissage dans la lutherie. Depuis les années 1970, une école nationale a été créée à Mirecourt, berceau de la tradition des ateliers de luthiers français, pour former à ce métier. C’est donc auprès d’un luthier que M. Sambot acquiert les compétences et connaissances de son métier.

En France ils ne sont que quatre, qui comme lui, sont spécialisés dans le traitement des instruments baroques (XVIIe et XVIIIe siècles). Au-delà des réparations d’objets anciens, le luthier rouennais a créé une gamme de violoncelles inspirée de travaux d’organologie (la science des instruments de musique) et grâce à différentes collaborations avec les musées de Paris et de Vienne.

Pour fabriquer et restaurer des instruments aussi prestigieux destinés à une clientèle européenne, le luthier prend soin de choisir lui-même les matériaux qui composeront l’instrument. La majeure partie de l’objet est en érable, la table est en épicéa. Ces bois, achetés en Allemagne ou en Suisse sont minutieusement sonnés, observés avant d’être transformés à l’aide d’outils certes modernes, mais identiques à ceux utilisés au XVIIIe siècle. On peut citer les noisettes, qui sont de petits rabots, ou encore la pointe aux âmes. Les cordes peuvent être composées de crins de cheval, utilisés selon leur couleur et leur qualité pour divers instruments. Les boyaux de mouton, entourés de fils métalliques sont réservés aux violoncelles et contrebasses. Grâce à la passion et au savoir-faire de Gérard Sambot, des instruments d’un autre temps connaissent une seconde vie et intègrent aisément l’univers musical contemporain.


 

 

 

Georges Geffroy doyen des sculpteurs normands

Il partageait son atelier avec le luthier Désiré Lebourg, en un endroit aujourd’hui disparu à l’angle des rues de l’Amitié et Abbé de l’Epée, derrière les jardins de l’Hôtel de Ville.

 

 

Pour le plaisir des oreilles : les « Midi-Musée-Musique » organisés par l’Association des musées de la ville de Rouen.

 

 

 

© Daniel Caillet, 2017